Avec l'inflation et les index, il faut redonner "du souffle" aux entreprises luxembourgeoises, plaide la chambre de Commerce.

Décidément, la chambre des Salariés et la chambre de Commerce ne sont pas sur la même longueur d'onde. Quand la première évoquait récemment le besoin de relever le salaire social minimum luxembourgeois pour combattre la pauvreté, la deuxième s'inquiète toujours plus du coût de la main-d'œuvre du pays.

Ce jeudi, la chambre de Commerce a publié son 10e baromètre de l'économie. Elle y détaille des entreprises "à bout de souffle", en perte de confiance et de rentabilité. Moins d'une sur cinq prévoit de créer des emplois dans les six prochains mois. "Une économie n’a pas d’avenir si ses entreprises ne sont pas rentables", souligne Carlo Thelen, le CEO de la Chambre de Commerce.

Globalement, elles se disent étouffées par l'envolée des taux et les cinq index déclenchés entre octobre 2021 et septembre 2023.

La situation de certains secteurs, la construction, l’horeca et l’industrie notamment, est particulièrement préoccupante: les investissements vont nettement y ralentir !

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© Chambre de Commerce du Luxembourg

À ce stade, 64% des chefs d'entreprises du pays s'inquiètent du coût de leur main-d'œuvre. Un défi devenu plus grand encore que le manque de travailleurs qualifiés et le coût des crédits, source de refus bancaires et véritable frein à l'investissement.

"Les entreprises luxembourgeoises subissent de plein fouet le "deuxième effet de l’inflation"", analyse Carlo Thelen, directeur général de la chambre. Avec la hausse des taux, qui empêche les entreprises d'emprunter et d'investir, la multiplication des index constitue "un lourd fardeau". Entre octobre 2021 et septembre 2023, il y en a eu cinq!

Pendant la campagne, la chambre avait justement plaidé pour une modification en profondeur de l'index: pas plus d'un par an, et un plafond au-delà de 1,5 fois le salaire médian. "La dégradation des perspectives de rentabilité des entreprises luxembourgeoises nous inquiète très fortement. La restauration de cette rentabilité doit être une priorité absolue pour le nouveau gouvernement" ajoute Carlo Thelen.

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