
En 2022, 33.000 séjours ou nuitées au Luxembourg ont été réservés sur des sites comme Airbnb, Tripadvisor ou autre, selon LfT/Eurostat. Un marché qui divise et qui suscite les critiques depuis un moment, notamment de la part du secteur hôtelier qui dénonce une concurrence déloyale. Le marché du logement risque également de se retrouver davantage sous tension à cause de ces activités touristiques.
Cette activité économique, généralement gérée par des particuliers, sera désormais régulée à travers une réforme de la loi sur le droit d’établissement au Luxembourg. Le ministre des Classes moyennes Lex Delles (DP) explique que ces plateformes ne seront pas complètement interdites au Grand-Duché mais que la location quasi-professionnelle de logements touristiques est désormais soumise aux mêmes règles que dans l’hôtellerie dans de nombreux domaines de l’activité.
Depuis le 1er septembre, la différence entre économie participative et activité commerciale sera faite à partir de 90 jours de location durant l’année en cours. Les propriétaires qui louent leur bien sur une durée qui se situe en dessous ne sont pas visés par ces changements. Ceux qui accueillent des touristes chez eux pendant plus de trois mois devront se soumettre à ces adaptations, comme par exemple la participation à des cours spéciaux pour les hébergeurs professionnels, ou la mise aux normes de certains bâtiments en matière de sorties de secours. Les clients devront également remplir un formulaire d’hébergement.
Ces nouvelles règles impliquent également la limitation à 89 jours par an de la location de logements touristiques dans les zones d’habitation 1 ou encore dans les résidences interdisant ces activités d’hébergement.
L’Horeca approuve cette réforme et est d’avis qu’elle va dans le bon sens en rétablissement une certaine équité dans la concurrence entre les hôtels classiques et les appartements mis en location sur Airbnb.
L’avocat et expert immobilier Lex Thielen n’est pas tout à fait convaincu par ces changements: “je ne sais pas si cette réforme de loi va vraiment aider les hôteliers, les grands propriétaires qui louent plusieurs biens sur Airbnb peuvent se permettre de faire en sorte que leur activité soit conforme à la loi, grâce à des ressources financières et personnelles plus élevées. Mais les personnes qui louent une chambre ou deux pour arrondir leurs fins de mois vont disparaître du marché”.
Les effets de cette réforme de loi ne se font pas encore ressentir car les propriétaires ont encore jusqu’à début 2024 pour se conformer à la nouvelle réglementation.
Le reportage en luxembourgeois de RTL Télé: