Mondial 2026Mission "six étoiles" ratée pour Ancelotti

AFP
Il a tout gagné ou presque avec les clubs qu'il a dirigés, s'est forgé une réputation de gestionnaire de vestiaires hors pair, mais Carlo Ancelotti quitte le Mondial-2026 sans avoir atteint l'objectif fixé d'offrir au Brésil un sixième titre mondial.
Le sélectioneur du Brésil, Carlo Ancelotti, relève l'ailier Vinícius Jr après l'élimination en 8e de finale du Mondial à East Rutherford (New Jersey) le 5 juillet 2026
Le sélectioneur du Brésil, Carlo Ancelotti, relève l'ailier Vinícius Jr après l'élimination en 8e de finale du Mondial à East Rutherford (New Jersey) le 5 juillet 2026
© GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP

La Norvège d'Erling Haaland (2-1) a brisé dimanche, en huitièmes de finale, le rêve de la Seleção de décrocher sa première couronne depuis 2002. 

C’est l’élimination la plus précoce de l'équipe que Pelé, Ronaldo ou Garrincha ont autrefois portée depuis le Mondial italien en 1990. Mais malgré ce coup dur, l'ancien entraîneur du Real Madrid et de l'AC Milan, parmi d'autres géants européen, qui a prolongé en mai son contrat jusqu’en 2030, veut rester aux commandes.

"Je ne pense pas que ce soit la fin, c'est le début d'un nouveau cycle", a-t-il déclaré après le match. "Nous devons continuer à travailler."

Pour retrouver sa place chez les grandes nations, l'arrivée de l'entraîneur italien en 2024 semblait être la voie la plus sûre. Mais +Carletto+, 67 ans, n'a pas réussi à transposer à son premier Mondial comme sélectionneur l'aura qui lui a fait remporter le record de cinq Ligues des champions et les titres nationaux des cinq principaux championnats européens. 

La Confédération brésilienne de football (CBF) avait misé gros en confiant à un étranger les rênes de l'un des plus grands symboles nationaux. 

Un vrai Brésilien

Le sélectionneur du Brésil, Carlo Ancelotti (à droite) à côté de l'ancien attaquant Ronaldo, la présentatrice TV Sabrina Sato et l'ex-international Denilson pendant le carnaval de Rio le 15 février 2026
Le sélectionneur du Brésil, Carlo Ancelotti (à droite) à côté de l'ancien attaquant Ronaldo, la présentatrice TV Sabrina Sato et l'ex-international Denilson pendant le carnaval de Rio le 15 février 2026
© AFP/Archives

La puissante institution traversait alors des turbulences à sa tête et sur le banc, avec trois sélectionneurs successifs depuis l’échec au Qatar 2022. Son nom, cependant, s'est imposé presque sans contestation.

Et lui, aussi charismatique que pragmatique, a prolongé autant que possible la lune de miel avec le très exigeant public brésilien. "C’était un choix magnifique. La sélection brésilienne doit avoir les meilleurs, et il n'y a pas aujourd’hui d'entraîneur brésilien comme lui. Nous sommes entre de bonnes mains", déclarait Ronaldo à son arrivée. 

Son installation a été facilitée par ses excellentes relations avec Vinícius Jr et Rodrygo au Real Madrid, mais aussi par la pression de légendes comme Ronaldo et Cafu, qu’il a dirigés à l’AC Milan.

Ancelotti, connu pour ce qu’il appelle lui-même son "leadership tranquille", a mis en pratique au Brésil son mantra : "conquérir les esprits, les cœurs et les victoires". Même si, pour ce dernier point, le bilan est à nuancer. 

Depuis son arrivée, l’Italien s’est plongé dans la culture brésilienne : il a assisté au carnaval de Rio et est apparu dans des publicités pour des marques de bière. Il s’est débrouillé en portugais – en réalité, un "portugnol" agrémenté d'italien –, s’est installé à Rio et chante l’hymne national comme un vrai Brésilien.

Football terne

Le sélectionneur du Brésil, Carlo Ancelotti (à gauche) avec l'attaquant Vinícius Jr à l'entraînement lors du Mondial à Morristown (New Jersey) le 22 juin 2026
Le sélectionneur du Brésil, Carlo Ancelotti (à gauche) avec l'attaquant Vinícius Jr à l'entraînement lors du Mondial à Morristown (New Jersey) le 22 juin 2026
© AFP

Sur le terrain, il a noué une relation étroite avec ses joueurs et qualifié la Canarinha pour le tournoi nord-américain, mais avec un football très critiqué et une équipe en plein doute.

La sélection a montré plus d’ombres que de lumières dans la plupart des 17 matches (dix victoires, trois nuls, quatre défaites) qu’il a dirigés jusqu’à dimanche.

Les quintuple champions du monde ont écrasé les adversaires les plus faibles (3-0 contre Haïti et l’Ecosse), mais ont peiné face aux plus coriaces (1-1 contre le Maroc, 2-1 contre le Japon). Et avec la défaite contre la Norvège, le Brésil a mis en évidence les lacunes d’une défense fragile, privée des latéraux tranchants d’autrefois, d’un milieu de terrain dont la créativité reposait excessivement sur Bruno Guimaraes, et d’une attaque handicapée par l’absence d’un buteur.

La défaite à East Rutherford (New Jersey) marque aussi le quasi-adieu international de l'unique star que la terre du "jogo bonito" a connue ces dernières décennies : Neymar. 

Dans une décision qui a divisé l'opinion, Carletto l'a convoqué malgré ses problèmes physiques récurrents. Ney, 34 ans, n’est entré qu’à deux reprises, à chaque fois en seconde période. 

Ce sera donc au tour de la génération de Vinícius et Endrick de redresser la barre, elle qui est critiquée pour ne pas avoir, dit-on, la même qualité que les vagues de talents d’antan.

"Il est évident qu'au milieu de terrain nous devons déplacer certains joueurs, nous avons besoin de nouveaux joueurs, de jeunes talents", a souligné Ancelotti.

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