
La 10e participation sera-t-elle la bonne pour Loeb ? 28 victoires d’étapes et 5 podiums, le dernier remontant à 2023, n’ont pas encore fait le bonheur du nonuple champion du monde WRC, en quête du Graal des rallyes-raid.
“Je pense que c’est la fois où on est le mieux préparé (...) tous les voyants sont au vert”, a estimé auprès de l’AFP le Français, optimiste après avoir remporté le rallye du Maroc en octobre.
Mais le Dakar demeure une épreuve durant laquelle “c’est difficile de tout mettre bout à bout. Il faut que tout soit réuni, la chance, la réussite, la mécanique, la fiabilité, la navigation, le pilotage”, a-t-il prudemment ajouté.
Pour succéder au Saoudien Yazeed Al Rajhi, il lui faudra en effet d’abord aller au bout de 13 étapes qui seront autant de pièges sur les 8.000 kilomètres du tracé dont 4.000 de secteurs chronométrés, dans un pays accueillant l’épreuve depuis 2020 après le Sahel puis l’Amérique du sud.
Aux dires de son directeur de course, ce Dakar s’annonce “corsé, équilibré, avec un standard de difficulté intact”.
Le rallye-raid s’élancera et se terminera à Yanbu, au bord de la mer Rouge dans l’ouest du pays. Parmi les difficultés au programme de ce parcours qui allie pistes roulantes, passages rocailleux et cordons de dunes, on compte deux étapes marathon (4-5 et 9-10) avec une nuit dans un bivouac-refuge.
Comme en 2025, pour des raisons de sécurités, le tracé de ces étapes sera séparé pour les véhicules FIM (motos) et FIA (autos et camions), qui seront également dans des bivouacs séparés.
Avec trois victoires sur les quatre dernières éditions, dont celle l’an passé de Yazeed Al Rajhi, les Toyota Hilux ont largement fait la preuve de leur niveau de performance et de leur fiabilité.
Répartis dans plusieurs écuries, de nombreux pilotes représentant la relève se lancent dans ce T1+ à la conquête du plus prestigieux trophée, comme les Sud-Africains Henk Lategan et Saood Variawa, l’Américain Seth Quintero, l’Australien Toby Price, le Portugais Joao Ferreira ou le Polonais Eryk Goczal.
Pour contrarier ces jeunes loups, les deux autres constructeurs officiels ont davantage misé sur l’expérience. Ainsi, l’Espagnol Carlos Sainz tentera d’effacer la déconvenue de l’an passé (abandon dès la 3e étape) au volant de la Ford Raptor tandis que le Qatari Nasser Al Attiyah et Sébastien Loeb ont été rejoints par le champion du monde Lucas Moraes chez Dacia.
Cette lutte entre constructeurs officiels devrait être arbitrée par les équipes privées X-Raid et M-Sport qui aligneront des Mini et des Ford.
Sur une Mini, le Belge Guillaume De Mevius visera d’ailleurs un podium avec son copilote français Mathieu Beaumel. Le Français, quatre fois vainqueur du Dakar avec Nasser Al-Attiyah, a été amputé de la jambe droite après un accident début 2025 mais s’estime “prêt” mentalement et physiquement.
Après un an de “pause”, Stéphane Peterhansel, surnommé “Mr Dakar” pour son record de victoires (14 dont 6 à moto) concourra à 60 ans dans la catégorie Stock (voiture de série améliorée) avec un Land Rover Defender, nouveau venu dans la compétition.
“L’expérience ne rend pas le Dakar plus facile, elle vous aide juste à comprendre à quel point il est réellement difficile”, a résumé en vieux sage le vétéran français.
En motos, l’Australien Daniel Sanders (KTM), tenant du titre, aura fort à faire face aux Honda du Français Adrien van Beveren (3e l’année dernière) et de l’Américain Ricky Brabec, vainqueur en 2024.
Pour bon nombre des 812 concurrents (325 véhicules dont 118 motos), l’essentiel sera une nouvelle fois de terminer une compétition qui reste aussi une aventure humaine.