
Avec un score de 226,79, Liu, sortie de sa retraite il y a deux saisons, devance deux Japonaises, Kaori Sakamoto, en argent avec 224,90 points, et la prodige de 17 ans Ami Nakai (219,16 pts).
Avec ses cheveux tigrés de brun et blond, la patineuse de 20 ans, troisième après le court, a ambiancé les spectateurs sur les notes disco de Donna Summer. Dans sa robe dorée à paillettes, Liu a sorti le grand jeu, patinant avec une confiance et une joie communicatives, un programme accueilli avec un volume sonore à en faire trembler la glace milanaise.
Interrogée sur la pression des Jeux, elle a simplement répondu, visiblement imperméable au stress: “Il faudrait que vous m’expliquiez ce qu’est la pression olympique!”
“Quand j’ai fini de patiner, c’était une sensation incroyable”, a-t-elle poursuivi. “Même quand je patinais, j’entendais les acclamations et je me sentais tellement connectée avec le public, et... Oh, je voudrais tellement y retourner!”
Sa prestation flamboyante ponctuée de sept triples sauts lui a valu d’améliorer de plus de quatre points son record de la saison et de décrocher l’or, sous les yeux de sa compatriote Tenley Albright, 90 ans et championne olympique aux Jeux de Cortina d’Ampezzo en 1956.
Ancienne enfant prodige, plus jeune championne des Etats-Unis à 13 ans, l’Américaine avait pris sa retraite en 2022, à 16 ans seulement, épuisée par le haut niveau, avant de rechausser les patins en début de saison dernière. L’année de son retour, elle avait remporté les Championnats du monde de Boston à la surprise générale.
Elle offre aux Etats-Unis leur premier titre olympique dans la catégorie féminine depuis Sarah Hughes en 2002.
Patinant juste après, la Japonaise Kaori Sakamoto, l’une des figures les plus populaires du patinage féminin, avait l’occasion de s’offrir l’or olympique, le seul titre majeur qui manquait à son palmarès.

Dans une élégante robe violette à strass, Sakamoto a sublimé un trio de chansons d’Edith Piaf, mais une réception hésitante sur son triple flip l’a empêchée d’enchaîner avec son double boucle piqué prévu.
A 25 ans, celle qui a annoncé prendre sa retraite à la fin de cette saison, se contente donc de l’argent, quatre ans après sa médaille de bronze à Pékin.
Au cours de la dernière olympiade, Sakamoto s’était imposée comme la figure de proue du patinage féminin. Triple championne du monde (2022, 2023 et 2024), elle s’est rendue populaire tant pour ses prouesses sur la glace que pour son charisme solaire.
Mais elle avait fini par se faire détrôner par la revenante Alysa Liu l’an dernier aux Mondiaux.
Dernière à se lancer sur la glace, l’autre Japonaise Ami Nakai, qui avait remporté le programme court, était la plus jeune des patineuses qualifiées.
La lycéenne de 17 ans dispute sa première saison sur le circuit senior et avait remporté en octobre dernier à Angers le premier Grand Prix de sa carrière. Jeudi, elle a accueilli sa médaille de bronze telle une victoire sautant dans les bras d’Alysa Liu.
Le temps de monter sur le podium, Sakamoto avait elle séché ses larmes pour accepter sa médaille dans un grand sourire. Mais malgré tous ses efforts, les larmes n’ont pas pu rester cachées bien longtemps.
“Je visais vraiment la médaille d’or et je suis très déçue de ne pas l’avoir obtenue. Je n’ai pas le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même”, a-t-elle regretté.
Seule patineuse russe autorisée à concourir aux JO, sous drapeau neutre, Adeliia Petrosian était très attendue. La patineuse de 18 ans a été la seule à tenter un quadruple saut, un boucle piqué, mais a chuté à la réception.
Elle a malgré tout interprété avec caractère son programme libre sur un tango fougueux ponctué de sept triples sauts, avant d’accueillir son score avec un visage particulièrement sévère. Elle termine finalement sixième avec 214,53 points.