
Dans de nombreux clubs et associations au Luxembourg, le fonctionnement quotidien dépend de personnes dont on parle peu. Derrière un concert, une compétition sportive, une activité de jardinage, une action de solidarité ou un programme d’inclusion, il existe toujours un groupe de bénévoles qui planifie, coordonne et prend les décisions essentielles. Ce groupe, c’est le comité. Et c’est précisément ce rôle souvent discret que l’Agence du Bénévolat met aujourd’hui en lumière à travers une nouvelle campagne nationale, construite autour d’un symbole simple et fort : une chaise orange vide.
Cette chaise apparaît dans plusieurs supports, en affichage comme dans les contenus numériques et les portraits de bénévoles présentés sur benevolat.lu. Elle matérialise une réalité que de nombreux responsables associatifs constatent. Il existe des places vacantes dans les comités, et ces places sont importantes. Elles sont l’espace où se décide l’avenir d’un club, où se construit son organisation, où se préparent ses projets. La campagne montre que ces places ne doivent pas intimider. Elles sont accessibles, concrètes et porteuses de sens.
Depuis plusieurs années, les associations signalent une difficulté croissante à trouver des personnes prêtes à rejoindre leur comité. Les membres actifs sont souvent nombreux, mais la prise de responsabilité administrative et stratégique attire moins. Beaucoup hésitent par manque de temps, par modestie ou parce qu’ils s’imaginent que ce rôle exige un profil particulier. Pourtant, l’expérience montre que les tâches peuvent être réparties et que les comités s’adaptent aux disponibilités de chacun. La chaise orange vide sert ainsi d’invitation à revoir certaines idées reçues. S’engager dans un comité n’est pas réservé à quelques profils. C’est une possibilité ouverte à toutes et tous.
La campagne repose sur cinq portraits de bénévoles issus de milieux très différents. Leurs expériences illustrent la diversité des motivations et des formes d’engagement.
Paul est président de la Fanfare de Strassen. Pour lui, le comité n’est pas une structure abstraite. C’est un lieu où se tissent les décisions essentielles qui permettent à un ensemble musical de rester dynamique, d’accueillir de nouveaux membres et de transmettre une culture vivante. Il y voit un travail de continuité et de projection, au carrefour entre tradition et avenir.
Esra occupe la fonction de trésorière générale au sein de la Fédération des Sapeurs-Pompiers. Elle confie avoir toujours admiré, dès son enfance, celles et ceux qui parviennent à faire bouger les choses. Son engagement au comité est une manière de contribuer à une structure dont dépend la cohérence du travail de terrain. Elle souligne aussi l’importance que les jeunes générations trouvent leur place dans ces organes décisionnels où chaque voix compte.
Julie est vice-présidente du club de gymnastique Le Réveil Bettembourg. Elle constate chaque jour à quel point les décisions du comité peuvent avoir un impact direct sur les enfants et les jeunes sportifs : organisation des entraînements, matériel, compétitions. Le travail du comité n’est pas un rôle à distance. C’est un soutien concret, continu, qui permet aux entraîneurs et aux sportifs d’avancer.
Charles est secrétaire de la Ligue CTF Gaart an Heem et président de la section de Beggen. Dans cet environnement où le jardinage, la nature et la convivialité occupent une place centrale, le comité représente un espace de transmission. Il s’agit d’entretenir un savoir, d’encourager les rencontres de voisinage, de faire vivre des valeurs communautaires, parfois anciennes mais toujours actuelles.
Andrée est présidente de l’association Rahna, qui forme des chiens d’assistance pour personnes en fauteuil roulant, et elle est également vice-présidente d’Info Handicap. Par son expérience personnelle, elle rappelle que l’engagement dans un comité ne dépend pas de conditions physiques. Au contraire, la diversité des points de vue renforce la solidité d’un comité et enrichit les décisions prises. Pour elle, une place vacante n’est pas seulement une responsabilité. C’est une opportunité pour le comité autant que pour la personne qui s’y engage.
Ces cinq témoignages mettent en évidence une idée simple. L’avenir d’un club ou d’une association repose sur la capacité à partager les tâches, à renouveler les responsabilités et à ouvrir les portes du comité à des profils variés. Les engagements ne se ressemblent pas. Les motivations non plus. Pourtant, chaque histoire démontre la même chose : une chaise vide peut devenir l’endroit où l’on fait une vraie différence, à son échelle, dans la vie de sa communauté.
La chaise orange n’est donc pas seulement un symbole. C’est une question adressée à chacune et chacun : quelle place souhaitez-vous prendre dans un environnement qui a besoin de vous ?
Les portraits complets des cinq bénévoles, ainsi que les informations sur les associations à la recherche de nouveaux membres de comité, sont disponibles sur le site benevolat.lu. La campagne est soutenue par le Ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l’Accueil.
L’essentiel du message tient en une phrase : une place existe pour celles et ceux qui veulent s’engager. Elle attend simplement que quelqu’un s’y assoie.