Des bougies, des fleurs, des applaudissements pour les secouristes et la foule qui chante “Hallelujah” de Leonard Cohen: un hommage a été rendu dimanche à Crans-Montana aux victimes de l’incendie d’un bar, le soir du nouvel an, dans la station alpine suisse. De nouveaux hommages doivent être rendus le 9 janvier, décrété jour de deuil national en Suisse.
Des centaines de personnes ont d’abord assisté à une messe, dans le froid, à l’extérieur de la chapelle Saint-Christophe de Crans bondée. La foule s’est ensuite dirigée en silence vers la chapelle ardente à proximité du lieu du drame, où des milliers de fleurs et des centaines de bougies ont été déposées.
“C’est par solidarité qu’on est venus”, a raconté à l’AFP Gina, bientôt à la retraite, arrivée d’un village voisin.
Le feu qui a ravagé Le Constellation - provoqué selon l’enquête par des bougies incandescentes - a fait 40 morts et 119 blessés, principalement des adolescents et de jeunes adultes.
Les corps de 24 personnes, parmi lesquels onze mineurs et six étrangers, ont pu pour l’instant être identifiés.
Jusqu’à présent 113 des 119 blessés ont été identifiés, dont plusieurs étrangers. Il y a, huit Français font partie des victimes.
Trente-cinq patients grands brûlés ont été transférés dans des hôpitaux en France, en Belgique, en Allemagne et en Italie, selon les autorités fédérales suisses.
Les autorités judiciaires ont ouvert une enquête pénale contre le couple de Français propriétaires du bar, Jacques et Jessica Moretti, pour “homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence”.
Selon les premiers éléments et témoignages, des bougies incandescentes, fixées sur des bouteilles de champagne placées trop près du plafond du sous-sol du bar, seraient à l’origine du drame.
L’enquête portera sur les travaux effectués au sein de l’établissement, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter et les mesures de sécurité.
Elle examinera aussi la pose au plafond d’une mousse qui s’est très rapidement embrasée et les enquêteurs devront déterminer si ce matériau insonorisant était conforme aux normes et s’il est à l’origine de la catastrophe.
La question de la praticabilité de la sortie de secours est également posée par des témoignages. Mais les autorités n’ont rien dit à ce sujet pour l’instant.