
Entre le salaire minimum bulgare (286 euros) et le luxembourgeois (2.071 euros), il y a 1.785 euros, soit plus que le salaire minimum français ou belge. Six pays - le Danemark, la Finlande, la Suède, l’Autriche, l’Italie et Chypre - n’ont pas de salaire minimum, ils fonctionnent avec des conventions collectives sectorielles.
C’est dire que la disparité est grande. Quand on tient compte des écarts de prix entre les pays, avec l’application de parités de pouvoir d’achat aux dépenses de consommation finale des ménages, les écarts se réduisent, exprimés en standards de pouvoir d’achat. Alors le salaire minimum luxembourgeois représente environ sept fois le Bulgare, ce ratio est réduit à trois lorsque les salaires sont exprimés en pouvoir d’achat.
Quelle que soit la manière de mesurer, le Luxembourg est très nettement en tête, même si c’est au Grand-Duché que l’écart entre le salaire réel et sa transformation en pouvoir d’achat est le plus important. D’ailleurs, il fut un temps, au milieu des années 80, où le SMIC était plus généreux en France qu’au Luxembourg, comme le montre cette vidéo qui compile les salaires horaires minimum dans les pays de l’OCDE depuis 1960.
Il y a déjà trois ans que l’Union européenne travaille à un socle européen des droits qui introduit dans ses principes un “salaire minimum approprié” pour tous. Désormais, le commissaire luxembourgeois à l’Emploi, Nicolas Schmit entend proposer un instrument législatif pour garantir ce salaire minimum adéquat partout dans l’UE. “Cela devrait garantir une vie décente pour tous les citoyens de l’UE”, a-t-il annoncé.
Le 14 janvier, il présentera sa proposition de dispositif minimal commun sur les salaires, ce qui ouvrira aux négociations avec les partenaires sociaux et les États membres. Il veillera au respect des “traditions, des cultures et des systèmes nationaux” à travers “des conventions collectives ou des dispositions légales”, détaille sa lettre de mission du Luxembourgeois.
Si l’idée est soutenue par la France et l’Allemagne, dont les salaires minimum sont très proches, d’autres pays sont plus
inquiets. “Nous ne serons calmés que nous aurons vu les détails sur papier” a ainsi déclaré le ministre danois de l’emploi, Peter Hummelgaard, au Financial Times. C’est d’ailleurs au Danemark et en Suède que le commissaire luxembourgeois a effectué ses premiers déplacements officiels, à la mi-décembre.