Alimentation, agriculture...Un nouveau rapport du Giec pointe du doigt nos modes de vie

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Le Giec vient de publier un nouveau rapport démontrant comment notre production et nos habitudes alimentaires sont en train de mettre la planète dans le rouge.
© Priscilla Du Preez / Unsplash / Domaine public

Nourrir correctement les milliards de Terriens ou lutter contre le réchauffement climatique? Pour ne pas être un jour confronté à ce dilemme, il est indispensable de repenser l’usage des terres et nos habitudes alimentaires, avertit le Giec.

Les humains ont dégradé un quart des terres émergées - érosion des sols, désertification, déforestation, perte de biodiversité... - et le changement climatique accentue cette pression. Ce mélange explosif représente une menace pour la sécurité alimentaire d’une population grandissante, qui dépasse les 7 milliards d’individus.

Telles sont les conclusions majeures du rapport spécial du Giec sur “le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres” dévoilé jeudi.

Le système alimentaire dans son ensemble génère “jusqu’à un tiers de nos émissions” de gaz à effet de serre, a souligné Eduardo Calvo Buendia, co-président du Giec. Les risques d’instabilité en termes d’approvisionnement alimentaire pourraient être “élevés” avec un réchauffement global de 1,5°C et “très élevés” à 2°C, a expliqué Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Giec.

IL VA FALLOIR MANGER AUTREMENT

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Pour le Giec, outre les indispensables réductions de gaz à effet de serre, des solutions existent du côté du système alimentaire et des habitudes de consommation, car les changer ne nécessite pas de consommer plus d’espaces.

Si dans les régions pauvres, l’apport en protéines animales est parfois insuffisant, dans les pays riches, il dépasse les recommandations nutritionnelles de l’Organisation mondiale pour la santé. Deux milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses et “25 à 30% de la production totale de nourriture est gaspillée”. Et ce, alors qu’environ 820 millions de personnes souffrent de la faim.

Le rapport souligne l’importance de réduire le gaspillage et l’intérêt pour l’environnement et la santé de régimes moins riches en viande. Mais “le Giec ne prescrit pas les régimes des gens”, a insisté son co-président Jim Skea.

L’AGRICULTURE ET L’ÉLEVAGE SONT À REVOIR

© Jean-Francois MONIER / AFP

“La pression humaine sur les terres grandit, les terres font partie de la solution mais ne peuvent pas tout”, a résumé Debra Roberts, co-présidente du groupe des experts climat de l’ONU, lors d’une conférence de presse à Genève.

“Nous devons penser de manière beaucoup plus approfondie à la façon dont nous allons utiliser chaque hectare. Les terres doivent permettre de cultiver notre nourriture, fournir la biodiversité et l’eau douce, donner du travail à des milliards de personnes et capturer des milliards de tonnes de carbone”, commente Piers Forster, professeur sur le changement climatique à l’université de Leeds.

Le Giec a élaboré différents scénarios pour limiter le réchauffement à 1,5°C ou bien en dessous de 2°C par rapport à la période pré-industrielle. Ils incluent des mesures d’atténuation basées sur les terres et des changements d’usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies.

© PHILIPPE HUGUEN / AFP

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