
Terrasses, salles de sport, couvre-feu... Emmanuel Macron a dévoilé jeudi un calendrier du déconfinement“en quatre étapes”, qui devrait s’accélérer entre le 19 mai et le 30 juin, malgré une situation sanitaire fragile.
“Les prochaines semaines, nous allons construire ensemble le chemin qui nous ramènera à la vie normale”, a affirmé le chef de l’Etat jeudi soir sur twitter, en détaillant les “étapes” annoncées.
Les différentes organisations patronales se sont déclarées satisfaites jeudi de la “visibilité” procurée par le calendrier de déconfinement du président de la république, tout en regrettant pour certaines la lenteur du processus.
“On a de la visibilité, donc ça c’est positif, c’était attendu”, a déclaré à l’AFP le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), François Asselin. Mais “on aurait aimé un peu plus d’audace”, a-t-il ajouté, en pensant “au pont de l’Ascension”, durant lequel certains commerces, les terrasses de café et les cinémas resteront fermés, leur ouverture n’étant prévue qu’à partir du 19 mai. Il a qualifié la réouverture de “timide”.
Même avis pour les restaurateurs et commerçants, globalement “très contents d’avoir une date”. “Ça enlève de l’angoisse et de l’incertitude. Nous sommes très contents aussi que cela concerne tous les commerces: certains sont fermés depuis très longtemps, c’était important”, a affirmé à l’AFP Emmanuel Le Roch, délégué général de la fédération Procos (commerce spécialisé). Même s’il a regretté de ne pas pouvoir ouvrir pendant le week-end de l’Ascension.
“On plaidait pour une réouverture avant l’Ascension mais tous les secteurs ont désormais un calendrier et de la visibilité. Déconfiner progressivement est selon nous la bonne méthode”, a réagi de son côté le Medef dans une déclaration à l’AFP.
Les professionnels de santé ont accueilli ce calendrier avec prudence. “Peut-être que ça va se stabiliser mais je ne vois pas par quel miracle”, a affirmé sur RTL Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon à Paris, pour qui la prise de décision “est de plus en plus écartée de la logique scientifique”. “Gare à la précipitation”, a averti la fédération hospitalière de France.
En revanche pour Simon Cauchemez, membre du Conseil scientifique qui conseille le gouvernement, “si l’on étale progressivement la levée des restrictions sanitaires jusqu’à début juillet, avec un rythme plus soutenu sur la vaccination, on se retrouve au début des grandes vacances dans une situation épidémique plus tenable”.
Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés en réanimation a poursuivi jeudi sa lente décrue amorcée il y a quelques jours, à 5.804, selon les chiffres de Santé publique France. Le nombre de patients Covid à l’hôpital a reculé à 29.487 contre 29.911 la veille. Au total, 26.538 nouveau cas ont été enregistrés et 321 personnes sont mortes à l’hôpital ces dernières 24 heures, soit 104.253 depuis le début de l’épidémie.
L’annonce du déconfinement a été faite quelques heures avant l’annonce, par l’ARS de Nouvelle-Aquitaine, du “premier cas en France” confirmé de variant indien, détecté en Lot-et-Garonne sur “un patient revenu d’Inde”.
Emmanuel Macron a reconnu que si un variant s’avérait résistant aux vaccins, “vous voyez bien que cela change la situation”, dans un entretien accordé à la presse régionale.
Il entend d’ailleurs “actionner des “freins d’urgence” sanitaires dans les territoires où le virus circulerait trop”, avec ces critères: plus de 400 infections pour 100.000 habitants, une augmentation “très brutale” de ce taux et “une menace de saturation des services de réanimation”.