
Dans une déclaration conjointe, les trois ministres des Affaires étrangères “rejettent les allégations, à l’évidence fausses, de la Russie selon lesquelles l’Ukraine se prépare à utiliser une bombe sale sur son propre territoire. Personne ne serait dupe d’une tentative d’utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade”.
Dans des entretiens téléphoniques avec plusieurs de ses homologues, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, s’est entretenu dimanche avec ses homologues américain, français, britannique et turc du conflit en Ukraine.
Au cours de ces échanges d’une intensité inédite en un seul jour pour M. Choïgou depuis le début de l’offensive russe en Ukraine le 24 février, il a fait part à la plupart de ses interlocuteurs de “ses préoccupations liées à d’éventuelles provocations de la part de l’Ukraine avec recours à une “bombe sale””, selon son ministère.
Les Ukrainiens et les Occidentaux y voient la menace des préparatifs d’une attaque sous faux drapeau, suspectant la Russie d’être prête à faire exploser elle-même une “bombe sale” pour justifier une escalade militaire, par exemple en employant une arme nucléaire tactique en représailles.
La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a également “parlé cette nuit au ministre ukrainien des Affaires étrangères des allégations de la Russie, à l’évidence fausses”, a-t-elle tweeté.
“Nous restons déterminés à poursuivre notre soutien aux efforts de l’Ukraine pour défendre son territoire aussi longtemps qu’il le faudra”, ont ajouté les trois capitales dans leur déclaration conjointe.
“Si la Russie appelle et dit que l’Ukraine serait en train de préparer quelque chose, cela signifie une seule chose: la Russie a déjà préparé tout cela. Je crois que désormais le monde doit réagir aussi durement que possible”, a pour sa part fustigé le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Si la Russie a préparé “une nouvelle étape dans l’escalade, elle doit voir maintenant, de façon préventive et avant une de ses nouvelles “saletés”, que le monde ne l’acceptera pas”, a-t-il ajouté.
“Une paix est possible” en Ukraine quand les Ukrainiens “le décideront”, a déclaré dimanche le président français Emmanuel Macron à l’ouverture d’un sommet pour la paix à Rome, organisé par la communauté catholique italienne Sant’Egidio.
“A un moment, en fonction de l’évolution des choses et quand le peuple ukrainien et ses dirigeants l’auront décidé, dans les termes qu’ils auront décidé, la paix se bâtira avec l’autre, qui est l’ennemi d’aujourd’hui, autour d’une table”, a estimé le président français lors d’un discours.
Tout en soutenant diplomatiquement et militairement l’Ukraine, le chef de l’Etat français assume depuis le début du conflit ukrainien de continuer à parler à son homologue russe Vladimir Poutine, à la différence d’autres dirigeants occidentaux et notamment du président américain Joe Biden.
Il a encore plaidé, vendredi à Bruxelles, pour que Kiev et Moscou reviennent “autour de la table” lorsque ce sera “acceptable” pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
À lire également:
Guerre: La Russie frappe l’électricité et le carburant ukrainien