
“Plus de 150.000 personnes” ont participé à cette manifestation, selon la Fédération nationale des professeurs (FENPROF), principale centrale syndicale des enseignants, qui avait convoqué cette journée de mobilisation.
“Il s’agit probablement de la plus grande manifestation de professeurs” au Portugal, s’est félicité Mario Nogueira, secrétaire général de la FENPROF.
“Respect”, “non à la précarité!”, “en lutte”: pouvait-on lire sur les pancartes et les affiches brandies par les manifestants venus de l’ensemble du pays. “Nous sommes révoltés”, confie à l’AFP Augusto Figueiredo, un professeur de technologie à Rio Maior, à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne.

“Des salaires misérables, des évaluations discriminatoires, des horaires inhumains ... c’est la réalité de notre profession aujourd’hui”, ajoute cet enseignant de 64 ans ajoutant qu’il n’avait “jamais senti aussi peu d’envie de résoudre les problèmes de l’école”.
“On est vraiment fatigués, personne ne nous écoute, ce gouvernement doit vraiment nous écouter”, soupire de son côté Joao Tristao, professeur d’éducation physique, dans des déclarations à l’AFPTV.
Les professeurs, qui dénoncent également le manque d’attractivité d’une profession vieillissante, réclament aussi une amélioration des modalités de titularisation et de la progression de leurs carrières, ainsi que le rattrapage des salaires sur une période de plus de six ans gelée au moment de la crise financière de 2008.
“Ce temps de travail doit être reconnu”, affirme Maria da Luz Ribeiro, une professeur d’anglais, âgée de 68 ans, qui s’inquiète pour “l’avenir des professeurs et de l’école au Portugal”. “J’ai été obligée de travailler plus longtemps pour tenter d’améliorer le montant de ma retraite”, explique cette femme de 68 ans, qui a arrêté de travailler l’année dernière.

La mobilisation nationale de samedi intervient après une série de manifestations et de grèves tournantes par régions depuis janvier, qui ont conduit à la fermeture de plusieurs écoles dans le pays, ce qui suscite l’inquiétude de nombreux parents.
La Confédération nationale des associations des parents d’élèves (Confap) a demandé cette semaine des cours de rattrapage pour permettre à leurs enfants de récupérer une partie des apprentissages perdus.
Mais d’après le ministère de l’Education, le mouvement de grèves des professeurs s’essouffle depuis fin janvier. Les négociations entre les syndicats et le ministère de l’Éducation nationale doivent se poursuivre la semaine prochaine.