
Le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a estimé vendredi que le raid américain qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant en Irak Abou Mehdi al-Mouhandis allait “déclencher une guerre dévastatrice en Irak”.
“Le monde ne peut se permettre une nouvelle guerre dans le Golfe”, a affirmé vendredi dans un communiqué le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad.
Dans ce texte très court, Antonio Guterres appelle aussi “les dirigeants à faire preuve du maximum de retenue” dans ce moment de tensions, alors que l’Iran a appelé à la vengeance.
“L’assassinat d’un commandant militaire irakien occupant un poste officiel est une agression contre l’Irak, son Etat, son gouvernement et son peuple”, affirmait M. Abdel Mahdi dès ce matin dans un communiqué, alors qu’Abou Mehdi al-Mouhandis est le numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrée à l’Etat.
L’assassinat représente “une escalade dangereuse dans la violence”, a déclaré vendredi la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi.
Cet assassinat risque de “sérieusement aggraver la situation” au Proche-Orient, a mis en garde vendredi le président russe Vladimir Poutine lors d’une conversation téléphonique avec Emmanuel Macron.
“Il a été constaté que cette action peut sérieusement aggraver la situation dans la région”, a indiqué le Kremlin dans un communiqué, précisant que Vladimir Poutine et Emmanuel Macron avaient tous deux exprimé leur “préoccupation” après la mort du général iranien.
De son côté, Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères et européennes a également fait par de sa préoccupation face aux “développements en Irak” et “[appelle] l’ensemble des acteurs concernés à la retenue et à la désescalade. Nous espérons que la raison prévaudra et que les responsables concernés garderont la tête froide.”
La diplomatie doit primer, estime-t-il en rappelant que “l’histoire nous a enseigné, avec le déclenchement de la guerre en Irak et ses conséquences, qu’on ne résout pas les problèmes en faisant parler les armes.”
Il insiste pour que “toute la lumière doit être faite sur les attaques récentes contre l’Ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Il incombe au gouvernement irakien de garantir la sécurité de toutes les missions diplomatiques sur son territoire.”
en il ajoute: “Nous appelons à l’établissement de canaux de communication directs entre Téhéran et Washington, afin d’éviter toute escalade de la violence dans la région.”
“Le cycle de violence, de provocations et de représailles doit cesser” en Irak, a déclaré le président du Conseil européen, Charles Michel, pour qui “trop d’armes et trop de milices ralentissent le processus vers un retour à une vie normale pour les citoyens irakiens”
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a appelé “toutes les parties à la désescalade”. Paris a réagi dans ce sens, la secrétaire d’État aux Affaires européennes Amélie de Montchalin soulignant que la France cherchait à créer “les conditions d’une paix en tout cas d’une stabilité”. L’Allemagne a aussi exprimé sa “grande inquiétude”, la porte-parole de la chancellerie Ulrike Demmer appelant à la recherche de solutions “par la voie diplomatique”.
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a promis de “venger” la mort de Qassem Soleimani, responsable de la force Al-Qods, en charge des opérations extérieures de l’Iran, et décrété un deuil national de trois jours.
“Il n’y a aucun doute sur le fait que la grande nation d’Iran et les autres nations libres de la région prendront leur revanche sur l’Amérique criminelle pour cet horrible meurtre”, a promis le président Hassan Rohani.
Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, grand allié de l’Iran, a promis vendredi “le juste châtiment” aux “assassins criminels” responsables de la mort du général iranien.
Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants, a condamné la frappe américaine contre Qassem Soleimani, “l’un des plus éminents chefs de guerre iraniens”, la qualifiant de “crime américain qui accroît les tensions dans la région”.
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis souhaitaient la “désescalade” après la mort du général Qassem Soleimani, ordonnée par le président Donald Trump “en réponse à des menaces imminentes pour des vies américaines”. Selon lui le militaire iranien préparait une “action d’envergure” menaçant des “centaines de vies américaines”.
Le général Soleimani “n’a eu que ce qu’il méritait”, a commenté le sénateur républicain Tom Cotton, tandis que le conseiller déchu de Donald Trump à la sécurité nationale, John Bolton, a salué “un coup décisif contre les activités malveillantes de la Force Al-Qods de l’Iran dans le monde entier”.
Mais pour la présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, l’attaque contre Soleimani représente “une escalade dangereuse dans la violence”.
“Le président Trump vient de jeter un bâton de dynamite dans une poudrière, et il doit au peuple américain une explication”, a aussi dénoncé l’ancien vice-président Joe Biden, en lice pour la primaire démocrate en vue de l’élection présidentielle de novembre.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a estimé que les Etats-Unis avaient le “droit” de “se défendre”. “Qassem Soleimani est responsable de la mort de citoyens américains et d’autres innocents et planifiait de nouvelles attaques”, a-t-il assuré.