La guerre déclenchée par la sanglante attaque du Hamas le 7 octobre en Israël sera au cœur d’un sommet des dirigeants des 27 Etats membres jeudi et vendredi à Bruxelles.
“Je pense que l’idée d’une pause humanitaire pour faciliter l’arrivée de l’aide (…) est quelque chose que les dirigeants soutiendront”, a déclaré M. Borrell à l’issue d’une réunion au Luxembourg des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’UE.
“Qu’est-ce qui est important? Plus d’aide, plus rapidement”, a martelé Josep Borrell soulignant que les quelques dizaines de camions qui étaient passés de l’Egypte vers Gaza étaient “insuffisants”.
“Sur la question de la trêve humanitaire, du cessez-le-feu, on ne peut pas dire qu’il y a de manière nette un consensus qui s’est dégagé”, a cependant tempéré un diplomate européen.
Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavsky, a souligné combien cet objectif lui semblait difficile à atteindre à ce stade en raison de l’attitude du Hamas.
“Il y a une organisation terroriste qui contrôle Gaza, qui envoie des roquettes tous les jours, qui a perpétré une attaque barbare sur le territoire israélien”, a-t-il dit. “La question est donc de savoir comment un tel cessez-le-feu pourrait être mis en place; il faut qu’il s’applique aux deux côtés”, a-t-il ajouté.
Jean Asselborn, ministre des Affaires étangères, a réitéré que le Luxembourg réaffirme sans équivoque le droit d’Israël à la défense légitime, dans le plein respect du droit international. Le Luxembourg appelle à la libération immédiate et inconditionnelle des otages par les groupes terroristes du Hamas et du Jihad Islamique.
Le Luxembourg se joint au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, “pour appeler à la désescalade et à un cessez-le-feu humanitaire. L’accès humanitaire rapide et sans entrave à Gaza doit être rétabli sans délai. Israël doit agir en pleine conformité avec le droit international humanitaire et assurer la protection des civils”.
Jean Asselborn s’est félicité de l’augmentation annoncée de l’assistance humanitaire par la Commission européenne, étant donné que l’assistance humanitaire est vitale pour la population palestinienne.
Finalement, le ministre Asselborn a souligné à nouveau que les évènements dramatiques des dernières semaines illustrent à quel point il est important de relancer le processus de paix au Moyen-Orient et d’aboutir à une véritable solution politique du conflit israélo-palestinien, afin de rompre avec le cercle vicieux des violences.
“Nous ne pourrons pas endiguer la catastrophe humanitaire si le terrorisme de Gaza se poursuit de la sorte”, a souligné en écho la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock.
“Il est essentiel de lutter contre le terrorisme (...) et en même temps, tout doit être fait pour atténuer les souffrances incroyables des deux millions de Gazaouis. C’est la quadrature du cercle. Mais cette quadrature du cercle, nous devons l’affronter ensemble”, a-t-elle poursuivi.
Tandis qu’un second convoi de camions est entré dimanche dans le territoire dirigé par le Hamas, le président américain Joe Biden et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont “affirmé qu’il y aurait dorénavant un flux continu dans Gaza de cette assistance cruciale”, selon un communiqué de la Maison Blanche.
Samedi, au cours d’un “Sommet pour la paix” au Caire, Antonio Guterres a appelé à “agir maintenant pour mettre fin au cauchemar”, réclamant un “cessez-le-feu humanitaire”.
“Les Gazaouis ont besoin de beaucoup plus, un acheminement massif d’aide est nécessaire” a ainsi relevé le secrétaire général de l’ONU.
Seules quelques dizaines de camions sont passés d’Egypte à la bande de Gaza -un chiffre totalement insuffisant pour l’ONU qui réclame 100 camions par jour pour les 2,4 millions de Gazaouis.