
Être libéré du coronavirus d’ici cet été? Thierry Breton y croit: “Prenons une date symbolique: le 14 juillet nous avons la possibilité d’atteindre l’immunité au niveau du continent”, a déclaré sur TF1 le commissaire européen en charge du processus de vaccination.
Rappelons que l’immunité collective correspond au stade où la propagation d’une maladie contagieuse est enrayée si une certaine proportion des individus est immunisée, soit par vaccination, soit par immunité croisée, ou parce que les individus contaminés n’ont pas développéla maladie ou en ont guéri. Cela amène par conséquent une épidémie à l’extinction, car le pathogène rencontre trop de sujets protégés.
“Et je voudrais dire à toutes celles et tous ceux qui nous regardent, je comprends ce moment pour beaucoup d’entre eux, qui sont de nouveau confinés ou en tout cas restreints dans leurs déplacements. C’est la dernière ligne droite” ajoute Thierry Breton. La dernière ligne droite “parce que nous savons que pour vaincre cette pandémie, une seule solution: se faire vacciner. Les vaccins arrivent, ils seront là”, a-t-il assuré.
“Entre le mois de mars et le mois de juin, on va livrer entre 300 et 350 millions de doses de vaccin”, a-t-il encore détaillé.
Le commissaire européen a précisé la montée en cadence des livraisons attendues en Europe, avec 60 millions de doses livrées en mars, 100 millions en avril, 120 millions en mai...Selon lui, ce sont 55 usines qui fabriquent désormais des vaccins en Europe.
Mais tous les observateurs ne sont pas aussi optimistes sur l’issue prochaine de cette crise sanitaire.
Rappelons d’abord qu’en début d’année, l’Organisation mondiale de la Santé avait prévenu qu’il ne faudrait pas compter sur l’immunité collective en 2021, même si les campagnes de vaccination massives s’accéléraient à travers le monde.
D’après un calcul de l’institut Pasteur publié en 2020, le pourcentage à atteindre pour parler d’immunité collective dans le cadre du Covid-19 serait de 70 %. “A condition que l’infection protège”, nuancent les chercheurs. C’est en effet un point crucial: si l’infection offre une immunité sur le court terme, il est possible que cette dernière s’estompe avec le temps. Une personne peut perdre ses anticorps avec le temps et donc il est possible que l’on sous-estime la proportion de la population ayant été infectée. L’immunité reste donc encore à prouver, notamment avec la circulation des variants ou avec les porteurs asymptomatiques.
D’autant que les déboires du vaccin AstraZeneca, rejeté par une bonne partie des Européens, compliquent sérieusement la donne au moment où la troisième vague de la pandémie de Covid-19 s’accélère.
Et même certains économistes ont exprimés leurs inquiétudes pour les prochains mois. “Le nombre de contaminations augmente, le déploiement du vaccin prend du retard et il y a un risque que l’Europe perde un deuxième été, menant à un nouveau coup dur pour les économies du sud, déjà plus touchées par le Covid en 2020”, préviennent les économistes de Morgan Stanley.