Scandale du MédiatorLes laboratoires Servier reconnus coupables de "tromperie aggravée"

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Les laboratoires Servier ont été reconnus coupables lundi à Paris par la justice de "tromperie aggravée" et d'"homicides et blessures involontaires" dans le scandale du Mediator, un médicament tenu pour responsable de centaines de décès.
© AFP

Plus de dix ans après le retentissant scandale du Mediator, un médicament tenu pour responsable de centaines de décès, le tribunal de Paris a reconnu coupable lundi les laboratoires Servier de “tromperie aggravée” et d’"homicides et blessures involontaires”.

“Malgré la connaissance qu’ils avaient des risques encourus depuis de très nombreuses années (...) ils n’ont jamais pris les mesures qui s’imposaient et ainsi trompé” les consommateurs du Mediator, a déclaré la présidente du tribunal correctionnel, Sylvie Daunis, au début de la lecture du délibéré.

La magistrate a mis en avant “l’extrême gravité” des faits de tromperie, d’une “ampleur considérable et inédite” et dont “ont été victimes des milliers de patients”. Ces agissements ont “rompu la chaîne de confiance” allant de la fabrication des médicaments aux utilisateurs et “fragilisé la confiance dans le système de santé”, a déclaré la présidente.

Condamné à payer 2,718 millions d’euros d’amende, le groupe pharmaceutique a toutefois été relaxé du délit d’"escroquerie”.

Les laboratoires qui fabriquaient le Mediator, mis sur le marché en 1976 pour le traitement du diabète mais largement prescrit comme coupe-faim ensuite, devront verser en outre des dizaines de millions d’euros aux parties civiles en réparation des préjudices subis. Le tribunal continuait de détailler les montants dus aux victimes.

Jean-Philippe Seta, l’ex-numéro 2 du groupe pharmaceutique et ancien bras droit du tout-puissant Jacques Servier, décédé en 2014, a lui été condamné à quatre ans d’emprisonnement avec sursis, ainsi qu’à une amende de 90.600 euros. Il devra verser plusieurs millions d’euros aux victimes.

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