Un héritage du passéLe Portugal contaminé par une "montée du racisme"

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La Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Dunja Mijatović, dénonce la montée du racisme" au Portugal et appelé Lisbonne à prendre des mesures contre les infractions racistes et les violences conjugales.
© AFP

Dans un mémorandum long d’une quinzaine de pages publié cette semaine, Dunja Mijatović se dit “préoccupée face à l’augmentation des infractions motivées par la haine raciale” et condamne la propagation “d’un discours de haine visant particulièrement les Roms, les personnes d’ascendance africaine et les personnes perçues comme étrangères” au Portugal.

La Commissaire aux droits de l’homme énumère plusieurs actes racistes et discriminatoires observés dans le pays en 2020, et qui ont “culminé” en juillet avec le meurtre de Bruno Candê, un citoyen portugais d’origine africaine, abattu par arme à feu dans les rues de Lisbonne.

LE PORTUGAL NE REGARDE PAS EN FACE SON HISTOIRE COLONIALE

Outre les attaques et agressions, elle mentionne les menaces de mort adressées à l’encontre de responsables d’ONG et d’associations, la tenue d’une manifestation “inspirée par le Ku Klux Klan” devant les locaux de SOS Racisme, ou encore “le nombre croissant” de comportements “à caractère raciste” observés dans la police.

Dunja Mijatović déplore aussi le recours à une “rhétorique raciste” dans le débat politique, notamment de la part du parti antisystème “Chega” (“ça suffit”), qui a fait son entrée au Parlement en 2019 (un siège).

Selon certains responsables publics avec lesquels s’est entretenue la Commissaire, cette “flambée” du discours raciste est notamment liée à “l’absence d’examen approfondi du récit de l’histoire coloniale du Portugal”, qui ne prendrait pas assez en compte “l’héritage des structures répressives”.

Mme Mijatović recommande aux autorités l’adoption d’un “plan d’action global” contre le racisme et les discriminations, notamment en accentuant les politiques de prévention, et en adoptant une définition plus large de “l’infraction raciste”.

LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

De leur côté, les autorités portugaises ont annoncé un “plan d’action” pour 2021 et la mise en place d’un “observatoire du racisme”.

Dunja Mijatović note également “l’ampleur préoccupante” des violences faites aux femmes.

Elle réclame des mesures pour que les violences domestiques et les infractions à caractère sexuel fassent davantage “l’objet d’enquêtes et de poursuites”, s’inquiétant d’un niveau “toujours bas de condamnations pour violences conjugales”.

Elle plaide pour des peines “dissuasives”, et alerte sur “certaines lacunes de la loi”, notamment la définition du viol, restrictive, qui engendre “des taux très faibles de signalements et de condamnations”.

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