
L’ECF vient de publier la troisième édition de son rapport sur l’état des stratégies nationales en faveur du vélo, qui offre un aperçu des progrès réalisés dans le développement des politiques cyclistes à travers toute l’Europe.
Pour rappel, le Plan directeur paneuropéen pour la promotion du vélo, adopté en 2021 par la Commission économique pour l’Europe des Nations Unies (CEE-ONU), recommande que chaque Etat élabore et mette en œuvre une politique nationale en faveur du vélo. Or ce n’est pas encore le cas partout.
En 2023, quatre pays s’ajoutent néanmoins à la liste de ceux disposant désormais d’une stratégie cycliste nationale en cours. Il s’agit de la Biélorussie, de la Croatie, de la Hongrie et d’Israël.
À noter que trois autres pays ont adopté des politiques similaires à une stratégie cycliste nationale: l’Irlande, le Liechtenstein et la Suisse. Au total, sur les 54 pays couverts par ce rapport, seuls 14 pays disposent aujourd’hui d’une véritable stratégie nationale en faveur du vélo. C’est notamment le cas de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie ou encore du Royaume-Uni. Sept autres ont quant à eux mis en place une stratégie similaire même s’il ne s’agit pas encore d’un véritable “plan” national. Parmi eux figurent la Norvège, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg.
Et c’est vrai qu’il y a une histoire d’amour entre le Luxembourg et le vélo. Le pays a donné de grands noms au cyclisme. Au classement des victoires au Tour de France par pays, le Grand-Duché est 6e, ayant offert à la course 5 vainqueurs, 6 deuxièmes et 3 troisièmes. C’est mieux que les États-Unis, les Pays-Bas ou l’Allemagne!

Bref, la petite reine est une affaire sérieuse au pays du Grand-Duc. Le vélo est également placé au cœur du système de mobilité douce du Luxembourg. Le pays compte 600 kilomètres de pistes cyclables et n’oublions pas la success-story du Vél’OH en libre service.
Ces stratégies comprennent généralement des interventions sur les infrastructures (dans 21 pays), la sécurité routière (17), l’intermodalité (16) et le code de la route (16). Financièrement parlant, le Luxembourg est le deuxième investisseur avec un budget équivalent à 52 euros par habitant et par an. Un seul pays consacre encore le plus d’argent, c’est l’Irlande avec 72 euros par habitant et par an. La région belge des Flandres investit 48 euros et l’Écosse 40 euros.
En France, le plan vélo représente moins de 10 euros par an et par habitant. En parallèle, quatre autres pays disposant d’une stratégie nationale arrivée à expiration et qui doit être mise à jour (le Danemark, la Lettonie, la Slovaquie et la Suède), ainsi que huit pays expérimentant une première politique dédiée, en cours d’élaboration (la Bulgarie, la Grèce, la Lituanie, Malte, la Roumanie, la Serbie, la Slovénie et l’Ukraine).
Reste 21 pays où absolument aucune stratégie en faveur du développement de la pratique du vélo n’est à ce jour envisagée. Ces mauvais élèves ont pour noms l’Albanie, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, l’Estonie, l’Islande, la Pologne, la Turquie ou encore la Russie.
De fait, quasiment toute l’Europe de l’Est, des Balkans occidentaux à l’Asie centrale en passant par le Caucase, est encore réticente à instaurer une stratégie cycliste nationale.