
“Il y a un risque d’escalade avec le déploiement de 150.000 militaires russes à la frontière avec l’Ukraine. Il s’agit du déploiement le plus massif auquel nous ayons jamais assisté. C’est préoccupant. On n’est pas à l’abri d’un incident”, a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, à l’issue d’une visioconférence avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE. Il a refusé de dévoiler la source de son information. “Ce renforcement militaire doit cesser et nous demandons à la Russie la désescalade”, a-t-il insisté.
L’Ukraine craint que le Kremlin ne cherche un prétexte pour l’attaquer. Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba a informé ses homologues des derniers développements à la frontière lors de cette visioconférence.
Il a annoncé sur son compte twitter avoir proposé “un plan étape par étape sur la manière de décourager Moscou de poursuivre l’escalade”.
“L’élément clé est la préparation d’une nouvelle série de sanctions sectorielles. Les sanctions individuelles ne sont plus suffisantes”, a-t-il déclaré.
Les Européens ont décidé de temporiser. “On ne s’achemine pas pour le moment vers de nouvelles sanctions. Ce n’est pas encore ce qui se dessine”, a répondu Josep Borrell.
“Nous avons félicité l’Ukraine pour ses réactions mesurées et nous avons soutenu la souveraineté et l’intégrité de son territoire. L’UE ne reconnaitra pas l’annexion de la Crimée” par la Russie en 2014, a-t-il conclu.
L’Ukraine a annoncé lundi l’expulsion d’un diplomate russe déclaré “persona non grata”, répliquant à celle d’un consul ukrainien de Russie, en pleine flambée de tensions entre les deux pays.
“Le ministère des Affaires étrangères a envoyé aujourd’hui une note déclarant persona non grata un conseiller de l’ambassade de Russie à Kiev en raison d’une activité incompatible avec son statut diplomatique”, a indiqué le porte-parole du ministère Oleg Nikolenko. “Il a 72 heures pour quitter le territoire de notre pays”, a-t-il précisé.
Samedi, la Russie avait annoncé l’expulsion d’un consul ukrainien à Saint-Pétersbourg, brièvement détenu par les services de sécurité russes (FSB) et accusé d’avoir tenté d’obtenir des informations secrètes.
Kiev a protesté contre cette “détention illégale” assurant “démentir complètement” la véracité des accusations portées contre le consul, Oleksandre Sossoniouk.