
Le gouvernement bélarusse a expliqué que la menace visant l’avion avait été envoyée par email à l’aéroport de Minsk, dans un message se proclamant du Hamas palestinien.
“La décision a été prise par le commandant de l’équipage sans ingérence extérieure” d’atterrir dans la capitale bélarusse, a indiqué Igor Goloub, commandant de l’armée de l’air de l’ex-république soviétique.
Selon lui, le pilote aurait pu “partir vers l’Ukraine, en fonction de la météo et de sa réserve de carburant, ou vers la Pologne”.
Dans un communiqué envoyé ce lundi, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir qu’il avait pris contact avec l’ambassadeur de la République du Belarus à Bruxelles. Olivier Maes, le Directeur des Affaires politiques du ministère, lui a fait part de “la ferme protestation du Luxembourg à l’égard de l’acte inadmissible des autorités de la République du Belarus”. Le ministère ajoute que l’ambassadeur Aleksandr Mikhnevich “a été informé de la ferme condamnation par l’Union européenne de l’acte coercitif par lequel les autorités biélorusses ont mis en péril la sécurité des passagers et de l’équipage”. L’UE estime que l’incident constitue “une nouvelle tentative flagrante des autorités de la République du Belarus de réduire au silence toutes les voix de l’opposition au Belarus, et a demandé la libération immédiate de M. Pratasevich et de son amie”.
De son côté, le chef de la diplomatie britannique Dominic Raab a affirmé lundi qu’il était “difficile de croire” que Moscou n’ait pas donné son accord au détournement du vol de Ryanair vers Minsk, où un opposant bélarusse à bord a été arrêté.
“Les détails dont nous disposons ne sont pas clairs à ce sujet mais il est très difficile de croire que ce genre d’action ait pu avoir lieu sans au moins l’acquiescement des autorités à Moscou”, qui constituent le principal soutien du régime d’Alexandre Loukachenko, a déclaré M. Raab au Parlement.
La présidence ukrainienne a ordonné lundi l’arrêt des liaisons aériennes directes avec le Bélarus et le survol du territoire de ce pays en provenance ou à destination de l’Ukraine, au lendemain de l’interception par le Bélarus d’un avion de ligne.
“Nous avons assisté à un atterrissage forcé qui a conduit à l’arrestation d’un opposant bélarusse, Roman Protassevitch. (Il) doit être libéré immédiatement. Toutes les autres explications pour cet atterrissage (de l’appareil) de Ryanair ne sont absolument pas crédibles”, a estimé Angela Merkel, à son arrivée au sommet européen à Bruxelles.
Dimanche, un chasseur MiG-29 a décollé sur ordre personnel du président bélarusse Alexandre Loukachenko pour intercepter le vol FR4978 de Ryanair effectuant la liaison Athènes-Vilnius, capitales de deux pays de l’UE, et qui se trouvait à ce moment-là dans l’espace aérien bélarusse.
Selon les autorités bélarusses, une alerte à la bombe, qui s’est révélée être mensongère, est à l’origine de l’interception de l’appareil. Après l’atterrissage à Minsk et le contrôle de l’appareil, l’avion est reparti pour la Lituanie.
Entretemps, la police bélarusse a arrêté l’opposant Roman Protassevitch et sa petite amie, Sofia Sapéga, qui se trouvaient à bord. De nombreux responsables en Occident estiment que l’ensemble de l’incident a été orchestré.
Le directeur du transport aérien au ministère bélarusse des Transports, Artem Sikorski, a affirmé lui que l’aéroport avait reçu une menace crédible visant le vol dans un courriel en anglais, dont il a lu la traduction en russe.
“Nous, soldats du Hamas, réclamons qu’Israël cesse le feu sur le secteur de Gaza. Nous réclamons que l’Union européenne cesse son soutien à Israël (...) si nos revendications ne sont pas satisfaites une bombe explosera (à bord de l’avion de Ryanair) au-dessus de Vilnius”, a-t-il dit.