
L’ancien président de la Commission européenne n’approuve pas. Alors que l’UE et le Royaume-Uni sont en désaccord sur la gestion des stocks de vaccins produits sur le continent par le groupe suédo-britannique AstraZeneca, Jean-Claude Juncker a fait part de son mécontentement sur cet incident diplomatique.
Sur la BBC, il a décrit la situation comme une “stupide guerre des vaccins” et estimé que la menace d’un blocage des exportations “endommageait la réputation de l’UE comme champion du libre-échange”.
Face à “une très grave situation épidémiologique”, la Commission européenne a renforcé un mécanisme de contrôle des exportations de vaccins mis en place en janvier, suscitant les critiques de Londres, premier destinataire des doses exportées par le continent.
L’UE a exporté quelque 10 millions de doses, tous vaccins confondus, vers le Royaume-Uni, mais n’a reçu en retour aucune dose produite outre-Manche - alors que le contrat signé par AstraZeneca prévoyait la livraison de doses provenant de deux usines britanniques. L’entreprise a expliqué que son contrat avec Londres l’obligeait à honorer en priorité les commandes britanniques.
L’UE “exporte à grande échelle” mais “les routes doivent être empruntées dans les deux sens”, a averti la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a lui mis en garde contre tout “blocus arbitraire” de vaccins.
Selon un calcul de l’assureur-crédit Euler Hermes, le retard de l’UE dans son calendrier vaccinal, désormais de sept semaines, pourrait coûter à son économie 123 milliards d’euros en 2021.