
Ce mercredi, la sentence de l’Agence européenne des médicaments (EMA) est tombée: les caillots sanguins devraient effectivement être répertoriés comme effet secondaire “très rare” du vaccin AstraZeneca contre le Covid-19.
Le vaccin suédo-britannique est dans la tourmente suite à de rares mais graves cas de thromboses détectés chez des patients. Alors que plus de 9,2 millions de doses ont été injectés dans l’U.E., des dizaines de cas de thromboses ont été recensés, dont plusieurs se sont soldés par un décès.
L’affaire a pris une telle tournure que le vaccin a été suspendu en mars dernier dans toute l’Union Européenne, avant d’être réintroduit. Si les autorités maintiennent que la balance des risques et des bénéfices reste “très favorable” à ce vaccin, plusieurs pays ont décidé de ne plus l’administrer en-dessous d’un certain âge, comme la France et l’Allemagne. Résultat, alors que les autres vaccins sont administrés à flux tendu, on se bouscule beaucoup moins pour bénéficier de l’AstraZeneca...
Pourquoi un tel échec? La question agite toujours le milieu médical. Le collectif de chercheurs et médecins français “Du côté de la science” a justement publié un article qui avance une explication. Le problème pourrait venir non pas du sérum en lui-même, mais d’une injection dans le sang au lieu d’un muscle, ce qui provoquerait “une réaction immunitaire intense”.
Rappelons en effet qu’un vaccin s’injecte de façon intramusculaire. Généralement, c’est le muscle deltoïdien (dans l’épaule) qui est choisi.

L’hypothèse serait donc l’injection accidentelle dans “l’un des petits vaisseaux sanguins présents dans le deltoïde, alors que le médecin tenterait d’injecter le vaccin en intramusculaire” résume l’hebdomadaire Marianne.
“En présence de facteurs non intégralement identifiés”, cette “injection intraveineuse accidentelle (...) engendrerait une réaction immunitairediscordante” écrivent les chercheurs. “Les patients ayant eu des thromboses avaient peut-être des prédispositions et l’injection en intraveineuse a pu contribuer à une cascade” explique encore un des chercheurs de l’étude, cité par Marianne.
adénovirus commun chez le chimpanzé) qui a été affaibli et génétiquement modifié pour déclencher une réponse immunitaire qui protégera le patient en cas de contact avec le Covid.
“Or, l’injection d’un adénovirus dans le sang au lieu du muscle pourrait avoir des effets indésirables”. À savoir l’activation intense des défenses immunitaires locales, afin de freiner l’adénovirus, qui se traduirait par “l’activation des plaquettes qui vont faire ce pour quoi elles existent : former des caillot”, qui seraient à l’origine de ces thromboses, résume encore Marianne.
Pour éviter une injection en intraveineuse, un des chercheurs de l’étude préconise tout simplement “un test d’aspiration”, qui consiste, juste avant l’injection, à aspirer avec la seringue pour vérifier qu’il n’y a pas de sang qui reflue. Mais cette pratique ne serait plus recommandée, précise ce chercheur.
Il faut noter, enfin, qu’AstraZeneca n’est pas le seul vaccin à utiliser la méthode de l’adénovirus: c’est le cas aussi du russe Spoutnik V (qui ne sera pas autorisé dans l’UE avant juillet) et de l’américain Johnson & Johnson (autorisé depuis mars et livré dans l’UE à partir de la mi-avril).