
Et si pour une fois il valait mieux guérir que prévenir? De nombreux experts estiment que les vaccins ne suffiront pas à eux seuls à mettre fin à l’épidémie. En France, selon des modélisations de l’Institut Pasteur, il faudrait que 90% des adultes soient vaccinés pour espérer un retour à une vie normale.
Or, selon la dernière enquête de Santé publique France fin mars, les intentions de vaccination étaient au mieux de 79%, pour les plus de 65 ans, tombant à 36% pour les 18-24 ans.
L’objectif de 90% d’adultes vaccinés semble donc lointain.
Les équipes de l’Institut Pasteur de Lille ont identifié une molécule miracle capable d’inhiber la réplication du virus. Ce traitement potentiel doit maintenant faire l’objet d’essais cliniques sur l’homme pour mesurer son utilité dans le traitement du COVID-19.
Le projet vient de recevoir le label “Priorité de Recherche Nationale” qui permet d’accélérer le processus d’autorisation des essais. L’Institut Pasteur de Lille espère pouvoir débuter cet essai clinique le plus tôt possible.
“Face à la COVID-19, la vaccination est une arme efficace mais nous aurons toujours besoin d’un traitement” explique le Pr Xavier Nassif, directeur général de l’Institut Pasteur de Lille.
Le géant pharmaceutique Merck et un laboratoire américain ont annoncé début avril des progrès dans la conception d’un médicament administré par voie orale contre le Covid-19: leur antiviral en cours de test a eu des effets positifs dans la réduction de la charge virale.
Merck a interrompu fin janvier son travail sur deux potentiels vaccins contre le Covid-19 mais continue ses recherches sur deux traitements contre la maladie, dont le molnupiravir, développé avec la société américaine Ridgeback Bio.
Le médicament a réduit de façon significative le charge virale chez les patients au bout de cinq jours de traitement, a indiqué l’entreprise samedi lors d’une réunion avec des spécialistes des maladies infectieuses.
Merck travaille aussi sur un traitement baptisé MK-711. Les premiers résultats des essais cliniques montrent une réduction de plus de 50% du risque de décès ou d’insuffisance respiratoire chez les patients hospitalisés avec des formes modérées à sévères du Covid-19, a fait savoir le groupe fin janvier.
Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly a rapporté des résultats positifs pour un traitement contre le Covid-19 associant deux anticorps de synthèse, qui réduit les hospitalisations et les décès de 87%, selon des essais menés par l’entreprise.
Fin janvier, la société avait déjà rapporté que la combinaison des deux anticorps, bamlanivimab et etesevimab, réduisait le risque d’hospitalisation et de décès de 70%.
Le groupe pharmaceutique suisse Roche a dévoilé des résultats d’essais cliniques prometteurs pour le cocktail expérimental de traitements associant les médicaments casirivimab et imdevimab, sur lequel il collabore avec le laboratoire américain Regeneron pour les patients non-hospitalisés.
Les données dans une étude de phase III ont mis en évidence une réduction de 70% des hospitalisations ou des décès chez les patients atteints de la maladie qui n’ont pas dû être hospitalisés, a indiqué le groupe suisse dans un communiqué.
Les données ont également fait ressortir une réduction de la durée des symptômes de quatre jours, les ramenant de 14 à 10 jours, a précisé Roche.
Après avoir développé son vaccin, Pfizer travaille sur deux médicaments antiviraux contre le Covid-19. Le premier s’administre par voie orale et le second par intraveineuse.
Ils sont encore à une phase très précoce de leur développement, mais les premiers résultats in vitro sont encourageants et poussent le firme à lancer rapidement une étude clinique sur des adultes sains pour évaluer la dose et la tolérance de ce médicament.
La recherche essuie aussi de nombreux échecs depuis le début de la crise sanitaire. Et le plus célèbre de tous reste l’hydroxychloroquine, traitement qui avait été retoqué, faute de preuve de son efficacité. En octobre dernier, l’agence du médicament avait opposé un refus à une demande adressée par le très médiatique Professeur Didier Raoult.
Autre traitement réfuté par la communauté scientifique, leremdesivir. Fabriqué par le géant pharmaceutique américain Gilead, il était l’un des premiers médicaments à montrer quelques effets pour écourter la période de rétablissement pour certains malades du Covid-19.
Mais une étude soutenue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi qu’il n’avait que “peu ou pas d’effet” sur la mortalité des patients.