
“Des sanctions progressives, cela ne marche pas avec un autocrate.”
Le message est clair, et tout le monde en a pris pour son grade ce mercredi à Strasbourg.
À l’heure où l’Union européenne semble se rendre à l’évidence: elle devra prendre “tôt ou tard” des sanctions sur le pétrole et le gaz russes, comme l’a déclaré mercredi le président du Conseil européen Charles Michel, dénonçant les “crimes contre l’humanité” perpétrés à Boutcha “et de nombreuses autres villes” en Ukraine, Guy Verhofstadt a voulu mettre en avant l’inefficacité des sanctions prises jusqu’à maintenant.
L’ancien Premier ministre belge, député européen du groupe Renew, a bousculé le Parlement européen, prononçant un discours sans filtre qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux.
“On fait un premier paquet de sanctions, ça ne marche pas, puis deux semaines après, un nouveau paquet de sanctions. On en est au 5e paquet de sanctions! (...) Les paquets de sanctions graduelles ne fonctionnent pas avec un autocrate. Cela marche avec les démocraties, qui ont une opinion publique, une vraie opinion publique. En Russie, il n’y a plus de véritable opinion publique“, a-t-déclaré.
D’après Guy Verhofstadt, il faut s’attaquer à la colonne vertébrale du régime autoritaire de Poutine. “Vous devez vous en prendre aux 6.000 personnes qui travaillent dans les instances autour de Poutine. Et nous disposons de cette liste, Alexei Navalny, sa fondation, a listé ses 6.000 personnes”, c’est-à-dire des élus, des diplomates, des officiels du régime. “Il est temps de changer de stratégie”, a-t-il conclu.