Panne des numéros d'urgenceDes enquêtes après les décès d'un enfant et d'un sexagénaire

RTL Infos
Trois décès au moins sont survenus en France mercredi, alors que les numéros d'urgence n'étaient plus accessibles à cause d'une panne téléphonique.
© AFP

Un homme de 63 ans est décédé mercredi soir à l’hôpital de Vannes et un enfant de deux ans et demi jeudi au domicile familial en Vendée lors de la vaste panne des numéros d’urgence qui a touché la France.

Le parquet de Vannes va ouvrir une enquête après le décès de cet homme “en recherche des causes de la mort”, a déclaré jeudi François Touron, procureur de la République de Vannes.

Vendredi, la plupart des centrales avaient repris leur fonctionnement normal, les numéros spéciaux ont donc été désactivés comme le rappelle le Préfet de Meurthe-et-Moselle:

DÉCÈS D’UN ENFANT DE DEUX ANS

Dans le même contexte, un enfant de 28 mois est décédé jeudi matin au domicile familial, à Chavagnes-en-Paillers, en Vendée. “Il apparaît qu’il y a un doute quant aux conséquences que ce dysfonctionnement aurait pu avoir dans le délai d’appel (...). C’est ce doute légitime qui nous conduit à demander une enquête administrative”, a déclaré, lors d’un point presse jeudi soir, le préfet de Vendée, Benoît Brocard.

Selon le directeur de l’ARS des Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, “un signalement a été transmis au procureur de la République par le centre hospitalier l’hôpital de la Roche-sur-Yon”.

Avant de joindre les secours à 8h21 avec le numéro à 10 chiffres, la mère du jeune enfant, victime d’un arrêt cardio-respiratoire, avait tenté “pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15". Le décès de l’enfant a été constaté à 9h25 par le Smur pédiatrique de Nantes au domicile familial.

Il y a “encore des perturbations sur le numéro 15, ce soir” dans le département, a observé le préfet de Vendée.

UN DÉCÈS À L’HÔPITAL

Dans le Morbihan, un homme de 63 ans, originaire du pays d’Auray, est décédé mercredi soir d’un arrêt cardio-vasculaire aux urgences de l’hôpital de Vannes, malgré les tentatives de réanimation. Il avait été “conduit en voiture par sa conjointe (...) au vu des difficultés constatées pour joindre les services de secours”, a expliqué lors d’une conférence de presse le secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Guillaume Quenet.

Présent lors de cette conférence, le directeur du Centre hospitalier Bretagne Atlantique Philippe Couturier a demandé une enquête administrative et une enquête judiciaire “de manière à ce qu’on puisse pleinement répondre à la famille”.

Selon M. Couturier “les éléments ne permettent pas de conclure de manière tranchée” à la question du lien entre le décès et la panne des numéros de secours.

L’enquête administrative avait en fait déjà été ouverte dans la nuit de mercredi à jeudi, selon Stéphane Mulliez, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne.

Dans un communiqué, le procureur de Vannes François Touron a expliqué jeudi soir que le décès de ce patient a été constaté à l’hôpital à 21H05. Il était arrivé “aux urgences à 20 heures 26" et son épouse a indiqué “avoir tenté en vain d’appeler entre 19 heures 54 et 19 heures 59 depuis son domicile le 15 à 4 reprises, puis le 112, avant de décider de le transporter elle-même aux urgences de Vannes”, a-t-il précisé.

La panne d’un équipement chargé d’acheminer les appels a entravé massivement l’accès aux numéros d’urgence (15 pour le Samu; 17 pour la police; 18 pour les pompiers; 112 pour le numéro d’urgence unique européen) et aux lignes fixes mercredi après-midi jusqu’à minuit, rendant de nombreux services de secours difficiles à joindre par le public à travers la France.

A la mi-journée, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué que le dysfonctionnement pourrait avoir causé la mort de “trois ou quatre personnes”. Il a jugé “trop prématuré de tirer des conclusions”.

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