
L’image est surréaliste: des boites antivols, habituellement utilisées pour des objets de valeurs comme des parfums, des jeux vidéos, etc., sont utilisées pour... du thon!
Dans certaines grandes surfaces du Portugal, aujourd’hui, des boîtes de thon, des bouteilles d’huile d’olive, mais aussi de la morue, du saumon ou du poulpe congelés sont en vente avec un antivol. Car “la crise fait grimper les vols de nourriture dans les supermarchés”, annonce l’hebdomadaire Expresso.
Un phénomène “qui est effectivement en hausse, notamment dans les grands centres urbains de Lisbonne et de Porto”, confirme dans les colonnes de l’hebdomadaire Gonçalo Lobo Xavier, le président de l’Association portugaise des entreprises de distribution (Aped). Les produits alimentaires de base, comme le pain, le café ou les pommes de terre, sont parmi les plus volés. “Il ne fait aucun doute qu’il s’agit de vols pour manger. C’est le premier symptôme d’une grave crise sociale.”
La police annonce que 452 vols dans les supermarchés et hypermarchés lui ont été signalés lors du premier semestre. À ce rythme, le volume des vols devrait être en fin d’année supérieur d’au moins 40 % à celui de l’an passé.
Le prix d’un panier de courses moyen, composé de 63 produits essentiels, calculé par l’association de défense des consommateurs Deco Proteste, a atteint cette semaine la valeur la plus élevée de l’année. Il coûte désormais 214,30 euros, soit 30,67 euros de plus qu’en février, ce qui représente une augmentation de 17 %.
Expresso rappelle par ailleurs qu’au Portugal 1,9 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 554 euros par mois.