Champion des émissions de CO2Amazon pollue cinq fois plus que tout le Luxembourg

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Amazon est l'un des plus gros contributeurs de gaz à effet de serre au monde. En 2019, le géant américain a émis 51 millions de tonnes de CO2. C'est plus qu'un pays comme le Portugal, ou cinq fois plus que le Luxembourg.
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Transport des colis, stockage de données, services de streaming, hébergement de millions de sites internet par Amazon Web Services et fabrication des 15 milliards de produits vendus sur le site, le modèle économique d’Amazon génère de très lourds impacts sur l’environnement.

En 2019, d’après ses propres calculs (voir page19), Amazon était directement responsable de l’émission de 51,17 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2). La même année, le Luxembourg a rejeté dans l’atmosphère 9,643 millions de tonnes de CO2.

Amazon a bâti son succès sur un énorme réseau logistique de transport routier pour assurer des livraisons de plus en plus rapides. Le géant américain est un gros producteur de gaz à effet de serre, les principaux responsables du changement climatique.

Rien qu’en transport, Amazon émettrait 18,87 millions de tonnes de CO2 par an – soit le double des émissions annuelles du Luxembourg.

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Et encore, c’est uniquement si l’on regarde les chiffres officiels avec optimisme. “Il n’est pas clairement fait mention de la première phase de transport des produits depuis la Chine ou l’Asie du Sud-Est jusqu’aux États-Unis ou l’Europe”, note l’ONG Attac dans un rapport très sévère intitulé “Immersion dans le modèle Amazon”.

Les fermes de serveurs d’Amazon, qui a fait du cloud (espace informatique dématérialisé) une autre source très importante de profits, sont elles aussi extrêmement gourmandes en énergie.

Dans le monde, 197 pays consomment moins d’électricité que l’ensemble des data centers (dont Amazon représente 48%). Ceux d’Amazon utilisent plus d’électricité que les 90 pays les moins consommateurs de la planète réunis.

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DES MILLIONS DE TONNES DE CO2

Les manifestations pour la protection de l’environnement et contre les grandes sociétés polluantes se sont multipliées partout dans le monde, notamment sous la houlette d’associations comme Greenpeace, de la militante suédoise Greta Thunberg ou du mouvement Extinction Rebellion.

Amazon a ainsi été la cible de plusieurs actions visant à dénoncer la surconsommation et les conséquences écologiques du “Black Friday” en novembre, une des grandes journées de promotion qui contribuent aux revenus colossaux de la multinationale.

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Amazon a beaucoup été critiqué pour la destruction de produits neufs. Des retours ou des invendus. Ces pratiques occasionneraient un gaspillage considérable: 3 millions de produits neufs auraient ainsi été détruits par Amazon en France en 2018 d’après l’ONG Attac.

-> À lire également: Les émissions de CO2 pas loin des niveaux records d’avant Covid

Jeff Bezos, fondateur du géant du commerce en ligne est aussi le fondateur de la société spatiale Blue Origin, dont le but affiché est, selon le milliardaire, de réduire les coûts d’accès à l’espace afin d’aider l’humanité à coloniser la Lune et d’autres planètes, pour un jour permettre de dépolluer la Terre.

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LA NEUTRALITÉ CARBONE EN 2040?

L’homme le plus riche du monde a annoncé la création d’un “Fonds Bezos pour la Terre” afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Sur son compte Instagram, M. Bezos a annoncé en février 2020 qu’il dotait personnellement ce fonds de 10 milliards de dollarspour commencer”.
Cette somme représentait alors 7,7% de sa fortune personnelle, estimée à 130 milliards de dollars par Forbes.

La Terre est la seule chose que nous ayons tous en commun. Protégeons-la, ensemble, a-t-il conclu.

L’annonce de M. Bezos survient 20 jours après que 300 employés d’Amazon ont signé des critiques contre leur groupe, notamment au sujet de sa politique environnementale.

Le groupe Amazon Employees for Climate Justice (AECJ) pousse l’entreprise à aller plus loin dans son plan en faveur de l’environnement annoncé à grand renfort de publicité en septembre.

Jeff Bezos avait alors promis qu’Amazon atteindrait la neutralité carbone en 2040, avec 10 ans d’avance sur les engagements de l’accord de Paris.

GREENWASHING?

Le greenwashing, c’est de la désinformation, un brouillage de la réalité”, soulignait pour sa part la patronne de Greenpeace Jennifer Morgan en janvier au Forum économique de Davos, “compte tenu de l’urgence climatique, nous n’avons plus de temps pour le baratin ou l’hypocrisie”.

Impact négatif sur la planète, casse sociale, “optimisation” fiscale... Malgré ses démentis répétés, le géant américain du commerce en ligne risque de se retrouver à nouveau en première ligne des attaques contre la surconsommation mondiale le 26 novembre, à l’occasion du prochain Black Friday.

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