
Dans le traçage, le contact personnel est essentiel. Grâce à ce dernier, le quota d’erreurs est moins élevé. Le gouvernement est prêt à embaucher du personnel supplémentaire à l’Inspection sanitaire afin de suivre manuellement les chaînes d’infections. Ce sont toutefois des fonctionnaires prioritaires, qui ont été assermentés, qui doivent travailler à ces dossiers, car ils renferment beaucoup de détails personnels. Le gouvernement n’est pas catégoriquement opposé à une application ; quand viendra le moment où elle sera vraiment utilisée et efficace, on n’y sera pas fermé, selon le Premier ministre, Xavier Bettel.
Dans sa réponse à une question du député pirate, Sven Clement, Xavier Bettel s’est à nouveau montré sceptique vis-à-vis d’une application de traçage. Il n’y a pas d’appli d’alerte européenne unique, a dit le Premier ministre. Une application doit apporter quelque-chose au pays.
Au Parlement, le chef du gouvernement s’est à nouveau adressé à la population et a appelé à bien faire attention : renoncer aux grandes fêtes et respecter les règles sanitaires.
Pendant longtemps, le gouvernement s'est montré plutôt sceptique à propos des applications de traçage. Depuis la semaine dernière, l'application d'alerte allemande peut être téléchargée et utilisée au Luxembourg. Qu'apporte cette appli à notre pays? Quels sont les éléments-clefs de l'appli?
Le terme essentiel dans ce débat est "décentralisé". L'application signale quand vous êtes en contact avec une autre appli, donc avec une autre personne, pendant un certain temps, sans respecter la distance nécessaire. Ces données ne sont cependant enregistrées que sur les smartphones respectifs, c'est-à-dire de manière décentralisée.
A Berlin, Daniel Lücking est journaliste au quotidien "Neues Deutschland" et il a suivi le développement de l'appli allemande: "Une alerte est seulement établie sur son propre smartphone, de sorte que les déplacements ne peuvent être retracés. C'est une très bonne solution, car l'appli n'est pas obligatoire."
Si l'appli envoie une alerte, il faut se faire tester le plus rapidement possible. Ainsi les personnes qui ont éventuellement été contaminées, peuvent être plus rapidement détectées et placées en quarantaine. Cela permet d'éviter que ces personnes en infectent d'autres. Ce modèle se base sur la responsabilité individuelle, explique le Professeur Claude Muller, virologue au Luxembourg Institute of Health: "Si vous recevez un tel message, vous êtes responsable pour prendre les mesures nécessaires ou pas. Cela dépend donc aussi du cadre dans lequel cette application serait utilisée au Luxembourg. Et si les gens ne participent pas ou ne téléchargent pas l'appli, cela ne fonctionnera pas."
Il faudrait aussi garantir les capacités dans les laboratoires, affirme Daniel Lücking: "Si on vient avec une alerte de l'appli, il faut pouvoir être testé rapidement. Afin que des personnes qui se retrouvent pour ainsi dire en auto-quarantaine, ne doivent pas attendre trop longtemps le résultat de leur test."
En Allemagne, celui qui est testé positif, reçoit un code qu'il peut inscrire dans son appli, pour avertir d'autres personnes. On évite ainsi que circulent de fausses informations. C'est le premier problème pour les utilisateurs luxembourgeois, selon Damien Dietrich, expert pour les technologies digitales dans le domaine de la santé fir digital (LIH).
"Il faudrait prendre l'application et la changer un peu, afin que l'on puisse entrer un tel code, c'est-à-dire quand je suis au laboratoire ou chez un médecin et que je suis testé positif, il faut que j'obtienne un code que je peux entrer dans l'appli. Ou il faudrait utiliser le code allemand, ce qui est aussi une possibilité, évidemment."
Les trois experts sont d'accord sur un point: il est très important qu'une appli de traçage - peu importe si nous utilisons l'allemande ou si nous développons la nôtre - fonctionne par-delà les frontières. L'application devra aussi être conforme à la législation sur la protection des données, car cela augmente l'adhésion de la population. Ce n'est que si une grande partie de la population, est prête à télécharger spontanément l'appli et à l'utiliser, qu'elle aidera vraiment au traçage.