
En 2025, 111 patientes et patients ont été accompagnés à la Maison Omega. Davantage de patients âgés de 31 à 60 ans y ont été admis que les années précédentes. Près de 1.300 personnes ont bénéficié du service de conseil, dont environ un tiers d’enfants. Il est très important de parler avec les enfants, souligne la directrice d’Omega 90, Nicole Weis-Liefgen. "Ils se font leur propre scénario à partir de ce qu’ils perçoivent. Et malheureusement, celui-ci est souvent pire que ce qui s’est réellement passé. Chez les enfants, et parfois même encore chez les adolescents, s’ajoute le fait qu’ils ne veulent pas rendre leurs parents, ou le parent qui leur reste, encore plus tristes."
L'an dernier, 9,1 millions d’euros ont été investis dans les services de l’ASBL Omega 90. La majeure partie de ce financement provient de la Caisse nationale de Santé et du ministère de la Famille, mais 9 % sont aussi issus de dons, explique le directeur, Fabian Weiser. "Cela sert principalement à financer davantage de personnel soignant, car la dotation que nous recevons de la CNS n’est, à notre avis, pas suffisante pour apporter un accompagnement de qualité auprès des patients."
La question de l’euthanasie et des soins palliatifs a été abordée lors d'un débat à la Chambre en avril, avec le constat qu’il fallait mieux informer le public sur ces sujets. Selon la présidente d’Omega 90, Diane Duhr, il est essentiel de mettre de côté les émotions dans ce type de discussions et de laisser la parole aux spécialistes. "Cela permet aussi à chacun de se faire une meilleure opinion lorsqu’il est bien informé. Mais exprimer uniquement ses émotions et ses sentiments sur ce sujet ne fait pas vraiment avancer la société. Il faut toutefois en parler, car si nous continuons à balayer ces questions sous le tapis, nous n’avancerons pas non plus."
Contrairement à la France, où la proposition de loi sur l'aide à mourir est loin d'être adoptée, le Luxembourg dispose d’une très bonne législation en matière de soins palliatifs, estime la directrice Nicole Weis-Liefgen. "En réalité, la plupart des pays ne disposent pas d’une loi sur les soins palliatifs aussi bonne que la nôtre. Notre loi prévoit notamment qu’il n’est pas obligatoire de recourir à des mesures prolongeant la vie. Et comment les gens vont-ils mourir si l’on recourt sans cesse à des mesures de prolongation de la vie ? Lorsqu’on n’est pas tenu de le faire, les personnes peuvent aussi mourir plus sereinement. Si, en revanche, j’oblige pratiquement le médecin à poursuivre indéfiniment les traitements, je crée des problèmes qui n’existeraient pas autrement."