
À moins d'une terrible remontée du nombre de cas de coronavirus, le confinement est derrière nous. Lundi 11 mai, alors que les Luxembourgeois pouvaient enfin retrouver l'extérieur et une part de vie sociale, nous vous demandions de nous raconter votre confinement.
De l'avis de nos 332 lecteurs à avoir répondu à notre sondage jeudi matin, un peu plus de la moitié disent avoir terminé cette période de deux mois dans un état d'esprit "positif". L'autre moitié est plus circonspecte: un quart des répondants se sentent "perdus", les derniers craignent une reprise difficile.
À la lecture de vos messages, les sentiments sont d'ailleurs très partagés, entre joie d'avoir passé du temps avec vos proches et perception d'une réalité économique handicapante pour la suite. Comme Nadia, une résidente qui se dit "professionnellement déçue par l'Etat" et craint de devoir mettre la clé sous la porte d'ici six mois si sa boutique "ne refait pas surface". Paradoxalement, elle dit avoir pu "se reposer et apprécier le calme" alors qu'elle ne travaillait plus pour la première fois de sa vie. C'est également le cas de Lionel, un résident qui travaille dans le secteur de l'Horesca et qui ressent un "flou total pour l'avenir professionnel" mais qui a pu "profiter de sa famille".
Sandro, cadre au Grand-Duché, a "goûté au plaisir et avantages du télétravail", par exemple en prenant tous ses repas avec sa femme et ses enfants. Il en garde "de bons souvenirs" et espère maintenant pouvoir "retourner tout doucement à la normalité".

Le début du confinement n'a pourtant pas été simple, notamment pour ceux qui ont dû réinventer leur emploi grâce au télétravail. "Le manque de proximité des collaborateurs" et les contacts uniquement possibles grâce au digital ont complexifié les journées de Pierre-Alexis, manager. Il pense tout de même que le télétravail "peut être avantageux" à condition qu'il ne remplace pas entièrement la présence au bureau. Notamment grâce au gain de temps qu'il permet.
Michel, fonctionnaire au sein d'une institution européenne, apprécie ce quotidien plus "lent" et le côté "agréable" du travail à la maison mais regrette le "manque de contacts" avec ses collègues. Et Christelle, moins chanceuse, se dit "très fatiguée psychologiquement" après avoir dû se rendre au bureau "chaque jour depuis le début du confinement", un facteur de stress et de peur pour elle. "Je vais tout perdre et ça, c'est la réalité" déplore Virginie, manager.
D'autres ont dû réapprendre à travailler... Et à s'occuper de leurs enfants, déscolarisés. Un job à temps plein, pourront-ils confirmer. Comme Sonia, une éducatrice d'Esch-sur-Alzette, qui a donné les cours à son fils de dix ans pendant le confinement. Avec la reprise du travail, son époux et elle vont se partager la semaine pour assurer sa garde "jusque mi-juillet". "Dur de concilier vie professionnelle, familiale et scolaire sous un même toit" confirme Orange, qui vit et travaille à Luxembourg.

Ana, frontalière et chargée de recrutement, parle d'un moment de "remise en question" tandis que Maxine, conseillère en orientation professionnelle, se réjouit d'avoir pu "repenser son mode de fonctionnement et de communication avec l'entreprise" et pris de bonnes habitudes comme le sport, la lecture et la méditation. "Je suis moins stressé maintenant" se félicite un fonctionnaire habitant la capitale.
Le problème d'avancer dans une période trouble, c'est qu'on ne sait pas où l'on met les pieds. "J'espère qu'on retrouvera l'insouciance d'avant" nous écrit simplement Pouppi, une femme au foyer. Il faut dire que la peur s'est parfois invitée dans un quotidien déjà compliqué. "C'était bien à la maison, le plus dur c'était sortir pour aller faire les courses, ça faisait peur. J'ai peur pour la suite, peur d'un nouveau confinement" témoigne Wendy, femme de ménage à Luxembourg-ville.
L'après nous tracasse, certes, mais il peut aussi nous faire réfléchir. Elie, un salarié frontalier, a pu "se rendre compte de nouvelles priorités, de l'importance de laisser de la place à la famille et aux plaisirs quotidiens par rapport au travail".
L'après pourrait d'ailleurs ressembler au présent puisque le virus ne disparaîtra probablement pas avant longtemps. "Le respect des gestes barrières reste fondamental pour se protéger et protéger les autres" juge Laurence, une résidente. "Je pense envisager des changements et de vivre différemment. Continuer à vivre au temps présent" écrit encore un frontalier.
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"Nous espérons que le télétravail sera devenu un standard et une évidence pour tous" relate John, qui n'avait jamais expérimenté le "home office" avant le confinement. "Je pensais que ce serait formidable de pouvoir travailler 100% à la maison, mais la vie "normale" avec les collègues me manque. J’ai hâte de retrouver ma bonne vieille routine" tranche Scorpio, une résidente.

Bien que le confinement ait apporté son lot de problèmes économiques, il a aussi permis à certains d'avancer dans leurs projets personnels. "J'en ai tiré profit au max. Travail, sport, bricolage... donc 8 kg de perdu en deux mois" se réjouit Ameribel. "Mes travaux dans la maison ont plus avancé en deux mois de confinement qu'en 10 mois en jonglant entre boulot et rénovation" nous raconte Thibault, cuisinier pour un service de traiteur.
Silvio, cadre supérieur au Luxembourg, conclut: "C’était l’occasion de ralentir, profiter de la vie et de la famille, réaliser que le télétravail serait une bien meilleure option que mon rythme actuel. L’avenir? Changer de rythme durablement pour conserver cette nouvelle qualité de vie." Que peut-on espérer de mieux?