
La pétition de Nico Hoffmann, le président de l'Union Luxembourgeoise des Consommateurs (ULC) qui a récolté près de 5.700 signatures, a permis de débattre des frais bancaires à la Chambre des députés vendredi dernier. Son auteur conteste, entre autres, le montant des frais et estime que les institutions bancaires devraient les réduire voire les supprimer notamment pour les "personnes vulnérables".
En 2017, une pétition similaire avait été lancée et avait mobilisé 10.000 personnes pour exiger des frais bancaires adaptés. La loi du 13 juin 2017 relative aux comptes de paiement n'a pas pu résoudre le problème qui persiste surtout auprès des générations plus anciennes, dont certains membres ne savent pas comment utiliser Internet.
Nico Hoffmann dénonce les frais bancaires qui ont augmenté de façon considérable ces dernières années: "Les clients doivent débourser jusqu'à cinq euros auprès des guichets pour retirer leur argent et jusqu'à 50 euros voire plus pour la liquidation d'un compte. Même lorsqu'il s'agit d'effectuer des petites opérations telles que des virements il faut compter dix euros."
Ses revendications sont claires: l'ULC exige "une baisse des tarifs des opérations au guichet de manière à les adapter aux frais des opérations de base électroniques et appelle à leur gratuité pour les clients de plus de 65 ans et les personnes handicapées ou qui dépendent pour d’autres raisons de l’aide du personnel". Elle demande par ailleurs "l’introduction d’un simulateur de frais bancaires auprès de la CSSF".
"Il ne s'agit pas seulement de configurer un tableau avec les différents tarifs de la banque, mais aussi d'offrir un simulateur qui va permettre à chaque client de choisir, en fonction de ses besoins, la meilleure offre."
Cela va permettre ainsi à travers une comparaison directe et individuelle, plus de transparence, un peu comme chez nos voisins belges. Après le verdict, il faudrait ensuite préciser ou définir dans une première phase quelles sont les personnes qui sont considérées comme étant "vulnérables".
Cette année, l'Association des Banques et Banquiers et la Commission de Surveillance du Secteur Financier devraient établir une charte commune. Et n'hésiteront pas à aller plus loin si cela ne suffit pas, rajoute Nancy Arendt, présidente de la Commission des pétitions.
"Nous essayerons donc de motiver les banques à adopter une charte. Cependant, si nous constatons par la suite que rien ne bouge, nous serions prêts, tout comme le ministre des Finances, à instaurer une loi pour mettre en place ces nouvelles mesures." Une transition vers les services bancaires en ligne devrait donc devenir plus humaine à l'avenir.