
Cette tripartite "industrie" a été convoquée suite à la suppression prévue ou annoncée d'environ 350 emplois chez Husky Technologies, Dupont (à présent Celanese) Teijin Films ou encore John Zink.
Il y sera question d'une part de la gestion de l'évolution à court terme des entreprises industrielles qui suppriment des postes, et d'autre part de la politique industrielle à plus long terme.
Les attentes des syndicats et du patronat, ainsi que des ministres du Travail et de l'Economie semblent être les mêmes, mais le diable se cache dans les détails.
Les syndicats réclament que le plan de maintien dans l’emploi soit la règle. Si des salariés hautement spécialisés quittent aujourd'hui le pays, il sera difficile de retrouver du personnel de ce niveau quand on en aura besoin. Selon Patrick Dury, le président du LCGB, il s'agirait d'assurer que ces employés ne tombent pas dans le chômage, éventuellement par le biais d'une cellule de reclassement.
Patrick Freichel de l'OGBL n'est pas favorable à un tel reclassement sectoriel. A ses yeux, il s'agirait d'une externalisation du problème. Des entreprises qui ont notamment été soutenues par l'État pendant le Covid, auraient aussi une responsabilité et ne pourraient pas la répercuter sur le public, selon Patrick Freichel.

Garder les travailleurs: les représentants de l'industrie sont d'accord aussi sur ce point. Le directeur de la Fédération des industriels luxembourgeois (Fedil), René Winkin, affirme cependant que dans ce cas, les indemnités pour un départ ne pourraient pas être plus intéressantes qu'une offre pour une formation continue.
Les raisons de la suppression de postes ou de la réindustrialisation ou non, sont liées à différentes causes selon les employeurs et syndicats. Telles que des problèmes sur les chaînes d'approvisionnement, des mesures protectionnistes à l'étranger, comme l'"Inflation reduction Act" (la loi sur la réduction de l'inflation) aux Etats-Unis et évidemment les prix élevés de l'énergie.
Le directeur de la Fedil voit encore une marge de manoeuvre au niveau des frais élevés de réseau.
Interviewé par RTL, le ministre de l'Economie, Franz Fayot, a déclaré que la tripartite sectorielle pour l'industrie, ne sera pas une tripartite de crise.
Le secteur industriel au Luxembourg compterait encore près de 1.000 entreprises et au cours des dernières années, entre 30 et 50 nouvelles entreprises s'implanteraient chaque année. Ce n'est pas comme si l'industrie n'avait aucune valeur, mais elle est en transition. Le ministre socialiste trouve aussi que si des entreprises restructurent ou suppriment des postes, le plan de maintien dans l’emploi doit être la règle.
En ce qui concerne les frais élevés de réseau, Franz Fayot a expliqué que des discussions sont toujours en cours. Il travaille sur le dossier en collaboration avec le ministre de l'Energie, Claude Turmes.
Une option consiste à étaler l'achat d'énergie sur plusieurs années, une autre serait de s'appuyer sur les aides financières existantes de l'État, qui à ses yeux ne seraient pas encore tout à fait épuisées. Le reportage de RTL en luxembourgeois: