
Après que le site d'information "reporter.lu" ait révélé l'an dernier des irrégularités dans la gestion de l'action Superdreckskëscht, force est désormais de constater que le contrat entre la société qui exploite la Superdreckskëscht et le ministère de l'Environnement ne tient pas juridiquement.
La semaine dernière, le groupe parlementaire CSV a réclamé la transparence totale dans le dossier Superdreckskëscht. Le contrat de 2018 entre l'administration de l'Environnement et la société "Oeko-Service Lëtzebuerg", qui court sur une période de dix ans, n'a pas de base légale, selon le parti d'opposition. Il est question ici de 97 millions d'euros.
Lundi, les députés membres des Commissions parlementaires de l'Environnement et du Contrôle de l’exécution budgétaire, ont eu l'occasion d'interroger la ministre Carole Dieschbourg. Une discussion très stimulante, selon la ministre, qui a fait cette annonce:
"J'avais emmené vendredi un projet de loi au conseil de gouvernement. Où nous faisons figurer le financement de la Superdreckskëscht, c'est-à-dire le montant, qui ne figure pas dans la loi de 2005. Je pense que la Cellule scientifique a fait ici un très bon travail de recherche, comme on le lit aujourd'hui. Je crois que la loi, la Constitution est claire à cet égard. Par conséquent, nous avons dit: voilà, (...) nous nous donnons une loi pour régulariser la situation."
Une régularisation rétroactive. Sans toutefois toucher au contrat actuel, qui continue de courir. Insuffisant pour l'opposition.
"Pour nous, il aurait été absolument acceptable de régulariser. Et cela de 2018 à ce jour. Eventuellement encore un an de carence. Car un tel appel d'offres ne se fait pas du jour au lendemain. Mais nous l'avons déjà dit clairement dans le passé et nous le redisons aujourd'hui nous aurions cependant souhaité que ce contrat soit renégocié " a dit Sven Clement, le député des Piraten.
Après les discussions, qui ont duré deux heures, le CSV a donné à la ministre une nouvelle chance de réfléchir à faire malgré tout un nouvel appel d'offres sous d'autres conditions qu'en 2017.
"Nous ne sommes pas le seul parti à avoir des réserves. La ministre doit réfléchir si elle veut prendre la voie d'une logique 31-29, alors elle passera avec ses 31 voix. Nous le savons bien aussi. Ou bien si elle veut peut-être aller dans le sens de prendre à coeur les audits qui existent, les avis qui existent et de voir ça une nouvelle fois en détails. Et qu'elle dise sur cette base: je veille alors à trouver une solution où je peux aller à la rencontre des députés," a expliqué la députée CSV Diane Adehm.
Il serait trop facile, après un audit et aussi après un avis juridique, qui posent des questions claires, de faire comme si on pouvait simplement passer au travers.