
La notaire Karine Reuter a dû répondre lundi, en deuxième instance devant le tribunal de Luxembourg, d’une violation des directives anti-blanchiment. En première instance, elle avait été condamnée en février de l’année dernière à une amende de 20.000 euros. Le Parquet général demande la confirmation de ce jugement, estimant que le chiffre d’affaires concerné était limité.
La notaire Karine Reuter n’était pas présente à l’audience, mais représentée par son avocate Lydie Lorang. Elle n’est toutefois pas la seule prévenue dans cette affaire. Un agent immobilier et son collègue sont accusés d’abus de faiblesse, car ils auraient voulu acheter à un homme allemand de 78 ans une maison à Neudorf pour 200.000 euros, alors qu’elle avait une valeur estimée à 800.000 euros. Le compromis avait été signé en janvier 2021. Ils auraient ensuite rapidement insisté pour obtenir un acte de vente authentifié par un notaire. Un notaire avait refusé, notamment parce que le vendeur souhaitait entre-temps annuler la transaction.
Les deux hommes ont alors contacté l’étude de Karine Reuter, qui a fixé un rendez-vous peu de temps après. Le vendeur ne s’est toutefois pas présenté. La notaire a ensuite rédigé un document pour faire exécuter la vente en justice. Selon le Parquet général, elle aurait dû remarquer que le prix de vente était trop bas et en informer la Cellule de Renseignement Financier (CRF), comme l’exige son devoir professionnel. En première instance, Karine Reuter avait déclaré que si un acte notarié avait été signé, elle aurait examiné les détails de la transaction.
L’agent immobilier et son collègue ont été condamnés en première instance à 30 mois de prison avec sursis intégral et à une amende de 5.000 euros chacun. Le Parquet général demande que le sursis de l’agent immobilier soit assorti de conditions et que, pour l’homme qui voulait acheter la maison à Neudorf, le sursis soit transformé en une peine de prison ferme, car il n’a pas de casier judiciaire vierge.
Ce mercredi, une autre affaire concernant Karine Reuter sera examinée devant la Cour d’appel. Le reproche est le même : elle aurait enfreint les directives anti-blanchiment en réalisant des transactions immobilières avec des investisseurs douteux provenant d’Azerbaïdjan. Dans cette affaire, elle avait été condamnée en février de l’année dernière à une amende de 100.000 euros.