
Elle aurait pu être interdite mais sera finalement bien au programme. Ce mercredi 8 mars, une grande marche féministe aura lieu en centre-ville, à 17h, au départ de la place Hamilius vers la place d'Armes.
Elle est organisée par JIF, une plateforme qui regroupe une vingtaine d'associations en faveur des droits des femmes, dont on célèbre justement la journée internationale ce 8 mars.
Cette marche féministe sera le moment pour la plateforme de rappeler que d'importantes inégalités demeurent entre les femmes et les hommes. JIF en thématise quatre principales: un toit sur la tête, une vie sans violence, de l'argent pour vivre et plus d'égalité dans nos familles...
Le droit à un logement abordable et décent devrait être inscrit dans la constitution, mentionne par exemple le CID (Centre d’Information et de Documentation des femmes ), un des membres de la plateforme JIF. Il demande également l'augmentation de la capacité d’accueil des victimes de violences domestiques.
En termes de sécurité, le JIF demande plus d'efforts sur la prévention contre les violences et un meilleur soutien aux victimes. Avec une donnée en tête: fin 2022, le Statec affirmait qu'une femme sur cinq avait déjà été victime de violences physiques, sexuelles ou psychologiques.
Financièrement parlant, les associations rappellent que malgré la réduction du gender pay gap au Luxembourg (l'inégalité salariale, ndlr) les femmes souffrent en réalité de nombreux désavantages économiques et sociaux: leur rémunération annuelle est plus faible que celle des hommes, tout comme leur taux d'emploi. Mais elles sont plus nombreuses à travailler à temps partiel. À très long terme, lors du départ à la retraite, cela se traduit par des revenus bien plus faibles que les hommes.
Elle dispose également d'un congé maternité plus long que le congé paternité, faisant reposer sur leurs épaules la charge indissociable à l'arrivée d'un enfant. À ce sujet, le JIF réclame notamment un congé de naissance égalitaire de trois mois. Et un meilleur partage des tâches domestiques qui reposent encore majoritairement sur les femmes.
Dans un ancien rapport "Travail et Cohésion Sociale", le Statec constatait justement que "les interruptions de carrière pour la garde des enfants sont la norme pour les femmes (72% ont interrompu leur carrière pour une durée d’au moins un mois), tandis qu’elles restent l’exception pour les hommes (uniquement 16%)." Un chiffre difficile à assumer alors que le gouvernement compte, notamment, un ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Et une raison de plus pour manifester ce mercredi 8 mars 2023.