Réfugiés ukrainiensUne cohabitation pas toujours facile dans les familles d'accueil luxembourgeoises

RTL Infos
Problèmes de langues et manque d'intimité: les conflits se multiplient dans les familles luxembourgeoises qui ont accueilli des réfugiés ukrainiens.

Trois mois ont passé depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. 5.000 réfugiés sont officiellement arrivés au Luxembourg et beaucoup ont trouvé une famille hôte. Mais à présent de plus en plus de familles hôtes atteignent leurs limites. C'est ce que ressentent aussi la Caritas et la Croix Rouge, qui ont accueilli 500 réfugiés chez des particuliers.

Pendant les premières semaines qui ont suivi le déclenchement de la guerre, quelques 1.500 offres sont arrivées de particuliers souhaitant accueillir des Ukrainiennes et des Ukrainiens à leur domicile privé. Aujourd'hui ils sont de plus en plus souvent à la recherche de soutien à cause de problèmes qui surgissent sous leur propre toit.
Marc Josse, responsable du centre d'intégration LISKO de la Croix-Rouge:

"L'accueil auprès des familles dure plus longtemps et plus cela dure plus il y a de familles qui nous contactent pour les soutenir, parce qu'on arrive à des situations où on ne peut plus s'éviter. Souvent un professionnel est demandé pour améliorer la communication avec la communauté au domicile."

Les moyens à investir, les obligations et la complexité qu'implique l'hébergement privé d'une autre culture, auraient été en partie sous-estimés, selon la Croix-Rouge.

"Ce sont des moments pendant le repas qui sont parfois plus problématiques. Respectivement la cohabitation avec des animaux domestiques. Mais les familles qui arrivent, ont souvent besoin de calme et de stabilité. Souvent elles ne veulent pas participer activement à la vie sociale à l'extérieur ou avec une autre famille."Outre l'hôte, c'est aussi le demandeur étranger qui souhaite tirer un trait sur l'expérience dans le logement commun.

Marc Crochet, directeur général de Caritas:

"Ce sont aussi parfois des gens qui disent: je ne m'entends pas avec cette famille – mais je suis très content du modèle et je cherche une autre famille pour aller y habiter. Nous avons maintenant un certain nombre de tels transferts. Mais nous avons aussi pas mal d'interruptions en ce moment. Des gens qui disent: "Cela ne donne rien.“ "Je ne savais pas qu'il y a des foyers et j'ai maintenant rencontré des compatriotes."

Cette révélation n'est pas très surprenante, selon le directeur général de Caritas. Environ la moitié des réfugiés qui arrivent au Luxembourg, préfèreraient vivre dans des foyers. C'est la raison pour laquelle de nombreux Luxembourgeois qui avaient fait une offre d'hébergement n'auraient pas encore été contactés.

"Ce n'est pas parce que nous ne leur avons pas proposé. Mais beaucoup d'entre eux, à l'arrivée, sont allés dans un foyer et là ils ont fait connaissance avec des gens qui sont dans la même situation qu'eux. De nombreux réfugiés veulent rester près des sources d'informations et de leurs compatriotes. Ils veulent pouvoir parler leur langue, même s'ils ne vivent pas dans le luxe. L'objectif ne serait pas de rester au Luxembourg, mais de retourner à la maison dès que ça ira de nouveau."La solidarité reste importante au Luxembourg. Beaucoup de gens veulent continuer à aider. L'inflation actuelle et l'obligation de supporter une grande partie des frais de logement créeraient un risque de confrontation supplémentaire, d'après Caritas, qui demande un soutien financier de l'Etat.

Le reportage de RTL en luxembourgeois:

Lëtzebuerger Gaascht-Famille stoussen un hir Grenzen
Sproocheproblemer an e Manktem u Privatsphär, Konflikter a Gaascht-Famillen heefe sech. Vill Leit sichen no Léisungen.

Back to Top
CIM LOGO