LuxembourgUn statut unique pour les médecins en voie de spécialisation

Marlène Clement
adapté pour RTL Infos
Après de longues négociations, un statut unique a été élaboré pour les quelque 250 jeunes médecins effectuant leur spécialisation au Luxembourg, un statut qui promet des conditions de travail et une rémunération plus équitables.
Les longues périodes de travail peuvent entraîner de la fatigue et des erreurs, ce qui n'est pas dans l’intérêt du patient, selon des représentants du secteur.
© Canva / Syda Productions

Il s’agit d’une revendication de longue date des médecins en voie de spécialisation (en abrégé MEVS) au Luxembourg : de meilleures conditions de travail et des règles clairement définies. L’année dernière, le gouvernement a répondu à cette demande en annonçant un statut unique pour les MEVS.

Après de longues négociations, un accord a désormais été trouvé sur le contenu. Pour les quelque 250 jeunes médecins qui ont terminé leurs études de médecine à l’étranger et effectuent actuellement leur spécialisation au Grand-duché, le nouveau statut devrait apporter toute une série d’améliorations.

Meilleure rémunération

Assurer des gardes, assister au bloc opératoire et suivre les patients… les médecins assistants assument de grandes responsabilités. Leur rémunération n’est cependant pas à la hauteur, critique l’ALMEVS, l'Association luxembourgeoise des médecins en voie de spécialisation.

Au Luxembourg, les jeunes médecins gagnent actuellement moins qu’en Allemagne, par exemple autour de 4.000 euros brut durant la première année.

Un ajustement à une carrière de type A1 dans la fonction publique était demandé. Cette revendication n’a certes pas été retenue lors des négociations, mais avec le nouvel accord, leur rémunération se situera tout de même légèrement au-dessus de ce que paient nos voisins allemands, explique la coprésidente de l’ALMEVS, la docteure Lisa Zangarini, sans toutefois avancer de montant.

La semaine de 48 heures comme objectif

Des améliorations sont également prévues en matière de temps de travail. Actuellement, il est encore courant pour de nombreux MEVS à l’hôpital de travailler en moyenne entre 60 et 80 heures par semaine sur l’ensemble de l’année. L’ALMEVS tenait à s’aligner sur le droit européen en fixant une durée maximale moyenne de 48 heures.

Ce serait non seulement dans l’intérêt des jeunes médecins, mais bien entendu aussi des patients. Lorsqu’un médecin travaille en moyenne 80 heures, la fatigue s’installe. C’est humain, souligne la docteure Lisa Zangarini. La fatigue peut entraîner des erreurs, ce qui n’est pas dans l’intérêt du patient.

Des incertitudes persistent quant à la manière dont ce sera contrôlé à l’avenir. Cette question devra encore être clarifiée avec la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL) et les ministères compétents.

Lisa Zangarini, coprésidente de l'ALMEVS.
Lisa Zangarini, coprésidente de l'ALMEVS.
© Marlène Clement

Plus de temps pour la recherche et la formation continue

Outre les conditions de travail, la coprésidente de l’ALMEVS estime qu’il reste aussi une marge de progression en matière de recherche et de formation continue. Il a désormais été convenu de prévoir davantage de temps pour la recherche et la formation continue dans la formation des MEVS.

Cela constitue une étape importante pour permettre aux jeunes médecins de faire de la recherche au Luxembourg pendant leur formation, mais aussi de suivre d’autres formations, de se perfectionner dans ce domaine et de disposer également d’un budget à cet effet.

Rendre le Luxembourg plus attractif

Actuellement, environ un tiers des médecins luxembourgeois ne reviennent plus au Grand-duché après leurs études à l’étranger. La relève serait absente dans tous les domaines, avec un besoin particulièrement marqué en médecine générale.

Avec un statut unique et l’adaptation du cadre légal, l'espoir est de rendre le Grand-duché plus attractif pour les jeunes médecins et ainsi lutter contre la pénurie dans le secteur.

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