
Le rapporteur du budget a défini ses priorités en mettant un accent particulier sur la sécurité. Il s'agit là notamment de la sécurité dans l'espace public, du logement, des problèmes liés à la drogue, des inégalités, de la discrimination et de la santé mentale des jeunes.
Il y a d'abord eu le constat que par comparaison avec l'étranger, le Grand-Duché a bien traversé jusqu'à présent la pandémie. Si le PIB a reculé de 1,8% en 2020, le recul serait en moyenne de 6,5% dans la zone euro. Le marché du travail indiquerait encore une croissance de près de 2%, au Luxembourg alors que ce taux est en baisse à l'étranger.
"Le 31 octobre, nous avions effectivement un excédent de 96 millions d'euros à l'Etat central. Même si on ne peut pas extrapoler trop vite de cet état des lieux la totalité de l'année budgétaire, je me réjouis, en tant que rapporteur du budget, [...] que les recettes soient en hausse de près de 17% par rapport à la même période l'année dernière. [...] Cette dynamique réjouissante s'explique en majeure partie par les impôts sur la production et dans cette catégorie, par la perception de la TVA."
Le 31 octobre, l'Etat central présentait un excédent de 96 millions d'euros, la majeure partie provenant des impôts prélevés sur la production. Dans les communes aussi, la situation financière devrait nettement se détendre à l'avenir. Entre 2022 et 2025, elles devraient enregistrer en moyenne chaque année un excédent de 249 millions d'euros. Il s'agissait d'environ 190 millions d'euros les quatre années précédent la pandémie.
Les investissements sont maintenus à un niveau élevé et augmentent même en moyenne de 7,9% par an. Pour la période 2022-2025, les investissements directs et indirects dans l'administration centrale se chiffrent à 13,9 milliards d'euros. Le budget 2022 investirait de manière conséquente dans l'humain et mettrait l'accent sur une société solidaire, selon son rapporteur, Dan Biancalana.
"La participation au financement de notre caisse de retraite augmentera de 164 millions d'euros.Le Fonds national de solidarité sera alimenté avec 367 millions d'euros, dont 196 millions d'euros seront réservés pour le financement du revis. [...] Environ 54 millions d'euros sont prévus pour l'allocation de vie chère. Pour la participation de l'Etat aux frais des services conventionnés en faveur des personnes avec un handicap, 96,9 millions d'euros sont prévus en 2022. [...] La Caisse pour l'avenir des enfants aura pour sa part une alimentation d'environ 1,3 milliard d'euros. Rappelons ici que nous avons réindexé les allocations familiales rétroactivement en octobre 2021."
"Pour le développement des autoroutes de données – un élément important de la mise en oeuvre de la stratégie 5G - nous dépenserons 9 millions d'euros en 2022. Les moyens financiers de la "Commission nationale pour la protection des données" (CNPD) augmenteront d'environ 10% à près de 8 millions d'euros. Elle joue un rôle essentiel pour renforcer la confiance des citoyens dans nos institutions. Pour les entreprises qui installent des bornes électriques, des aides à hauteur de 10 millions d'euros, sont prévues. Pour la seule année 2022, les investissements de l'État pour le tram, notamment le prolongement vers la Cloche d'Or et le Findel, s'élèveront à 48 millions d'euros."
L'Etat investit aussi dans le secteur de l'environnement: 1,8 milliard d'euros dans le "Plan Energie Climat" et 17,8 millions d'euros dans l'installation d'éoliennes dans le pays, d'après Dan Biancalana.
Le seul bémol est la situation dans le secteur de la Sécurité sociale. En 2022, l'excédent atteindrait 1,2% du PIB. Mais cet excédent ne sera plus que de 0,9% en 2025. Il ne s'agirait pas seulement de l'impact de la pandémie, ce serait aussi dû au fait que les cotisations dans l'emploi ne sont plus celles auxquelles le Grand-Duché était traditionnellement habitué et que le nombre de bénéficiaires a également augmenté de manière significative. Pour l'avenir, il faudrait garantir la viabilité de nos systèmes sociaux, a ajouté le député-maire Dan Biancalana.
"La tendance que je viens de décrire s'explique in fine aussi par le fait que la dynamique des cotisations, c'est-à-dire de l'emploi, n'est plus celle à laquelle nous étions historiquement habitués au Luxembourg. En outre, il est bien entendu évident que l'évolution démographique joue un rôle éminemment important dans les dépenses de la caisse de retraite. [...] Cependant, par rapport aux autres pays européens, nous conservons au Luxembourg une caractéristique unique: même sans croissance, nous pourrions payer les retraites pendant environ cinq ans sans problème."
Mercredi, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, fournira des explications sur le budget. Ensuite la parole sera à l'opposition.