Des prix qui flambentUn nouveau quartier va sortir de terre au Limpertsberg

François Aulner
Plus de 30 nouvelles maisons et cinq résidences vont être construites au Limpertsberg. Un quart de ces logements appartiennent à la Ville de Luxembourg et seront abordables. Le reste est entre les mains du privé... et les prix flambent!
Photo aérienne du site où le nouveau quartier du Limpertsberg
Photo aérienne du site où le nouveau quartier du Limpertsberg
© Domingos Oliveira/RTL

Après des années de planification, un nouveau quartier, le "PAP Joseph Hansen", va être aménagé sur l'un des derniers terrains non construits au Limpertsberg, dans la zone comprise entre le Parc Neuman, la rue Nicolas Ries et l'avenue de la Faïencerie.

Les pelles mécaniques sont déjà à l'oeuvre pour construire les infrastructures. Les canalisations ont été aménagées, mais il faudra probablement attendre jusqu'à l'an prochain pour que les bâtiments puissent être construits.

CINQ RÉSIDENCES ET DES MAISONS MITOYENNES

Cinq résidences sont prévues, dont deux appartiennent à la Ville de Luxembourg. Celles-ci proposeront neuf appartements pour des locations abordables (donc liées à des conditions: ne pas avoir d'autre logement, ne pas avoir des revenus trop élevés et travailler dans la capitale) et neuf logements sociaux, c'est-à-dire pour des personnes vraiment plus pauvres.

Les trois autres résidences sont aux mains du privé, de même pour les 30 parcelles, où des maisons mitoyennes vont être construites (à l'exception de six parcelles que garde la Ville de Luxembourg, pour éventuellement procéder à un échange, si elle a besoin d'autres terrains).

Le projet a été modifié à l'hôtel de ville en 2016 et les maisons mitoyennes pourront, sous conditions, être divisées en appartements, comme le prévoit le Plan d'aménagement général de 2017 pour ces zones.

Le reportage en luxembourgeois:

En neien Quartier um Lamperstbierg
Geplangt si 5 Residenzen, dorënner zwou, déi der Gemeng gehéieren...

DES TERRAINS À DES PRIX QUI FLAMBENT

En 2007, la famille Delvaux a vendu plus d'un hectare (à l'époque non constructible) pour 1,6 million d'euros à la SARL Felix Giorgetti. Interrogée, l'entreprise de construction dit n'avoir pas encore déterminé de prix pour la vente, parce que les plans ne sont pas encore terminés. Il est toutefois important de savoir que la société paye 17% de TVA et 10% d'enregistrement et qu'elle doit financer les infrastructures pour le nouveau quartier.

Dix ans après la vente précédente, la valeur des terrains avait déjà changé. En 2017, la famille Delvaux a en effet vendu deux parcelles de cinq ares pour 2,9 millions d'euros à une société des familles Feltes et Reuter. Cette année, l’agence Feltes a demandé 2,7 millions d'euros pour une seule parcelle de cinq ares (donc quasiment le double du prix). L'agence n'a pas souhaité faire de commentaires et a retiré l'annonce peu après l'appel de notre journaliste.

Le prix est plutôt estimé à deux millions d'euros pour cinq ares et Lydie Polfer dit aussi "c'est vrai que les prix dans la construction ne sont effectivement pas donnés ici, à Luxembourg-Ville".

© Screenshot MyHome

LE SECTEUR PUBLIC CONSTRUIT AUSSI

Mais selon la bourgmestre de Luxembourg, cela dépendrait "du quartier et de la superficie des terrains". Elle affirme aussi que l'Etat possède plusieurs terrains, surtout au Kirchberg, et que la Ville construit en de nombreux endroits. "Les pouvoirs publics sont bien présents ici, mais il est vrai que sur le marché privé, les prix ont déjà augmenté", selon Lydie Polfer.

Entre l'attribution du permis de construire et le moment où les logements seront construits et habitables, dix voire vingt ans se seront écoulés. Le secteur immobilier rend les autorisations responsables de ces délais. Du côté de la Ville de Luxembourg, on dit que ce serait à cause des procédures. En attendant, les prix grimpent, ce qui arrange les propriétaires au fond. Pour les exclus du système, l'Etat tente de créer des logements à prix abordables.

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