
Alors qu'en France, certains secteurs, comme la santé par exemple, permettent aux employeurs de demander à leurs salariés s'ils ont été vaccinés, ce n'est pas le cas au Luxembourg. Chez nos voisins, ceux qui ne respectent pas l'obligation vaccinale peuvent être suspendus de leurs fonctions et donc privés de leur salaire.
La situation au Luxembourg est très différente, selon l'avocat Guy Castegnaro. Aucun patron ne peut demander à ses employés de se faire vacciner, car aucune base légale n'a été votée dans ce sens. En clair: la vaccination doit se faire de manière volontaire de la part des collaborateurs. "Des éventuelles sanctions prévues pour les personnes non-vaccinées seraient de la discrimination pure et simple", selon lui.
En outre, un patron ne peut non plus demander le certificat de vaccination à une nouvelle recrue ou à un candidat lors d'un entretien d'embauche puisque ces informations personnelles sont protégées par le droit à l'intimité de la vie privée. C'est pour cette même raison qu'aucun employeur ne peut forcer quiconque à se soumettre au CovidCheck.
"La vaccination contre le Covid ou contre toute autre maladie n'est en aucun cas une condition pour l'aptitude au travail", explique l'avocat.
Un chef d'entreprise a toutefois l'obligation de veiller à la sécurité du personnel et des clients et devra, en cas de besoin, introduire certaines mesures afin de réduire le risque d'infection sur le lieu de travail.
Jean-Paul Olinger, directeur de l'Union des entreprises, exige également que les mesures soient adaptées à la situation en temps réel car "avec 70% des adultes vaccinés, la réalité a changé au Luxembourg, il est temps d'actualiser les règles en vigueur".
En ce qui concerne les soins de santé, la situation est encore différente, mais une obligation vaccinale ne serait pas non plus la bienvenue, comme le souligne Jean-Luc De Matteis de l'OGBL qui préconise plutôt le dialogue, l'information et la sensibilisation des personnes concernées.
Alors que le régime spécial du télétravail prendra fin à la fin du mois, il est temps d'adapter les mesures comme dans d'autres pays où plus aucune règle n'est imposée sur le lieu de travail. Le direction de l'Union des entreprises pense déjà à un "CovidCheck light" ou une mesure "volontaire" qui pourraient être des solutions rapidement mises en place afin d'obtenir une jauge de personnes vaccinées et non-vaccinées dans les entreprises.
"Les personnes vaccinées pourraient alors enlever le masque au bureau, par exemple", lance Jean-Paul Olinger qui explique qu'un questionnaire destiné aux salariés est en élaboration avec le ministère de la Santé afin de connaître les raisons d'un refus de vaccination et de lancer, le cas échéant, une campagne de sensibilisation par la suite.