
Ce n'est pas tous les jours que les députés d'un groupe parlementaire s'adressent au ministre de la Sécurité intérieure pour une histoire d'imprimante défectueuse. Heureusement, il ne s'agit pas que de ça dans la question parlementaire qui a été adressée à Henri Kox le 6 juillet 2022.
Concrètement, les députés Fernand Kartheiser et Fred Keup s'inquiètent de savoir que plus de 4 millions d'euros ont été investis en 2021 pour financer des "analyses" qui doivent identifier comment travailler de manière "plus efficace" au sein de la police grand-ducale et comment elle peut se digitaliser.
Dans leur courrier, les députés affirment que "des broutilles" empêchent souvent la police de faire son travail "efficacement". C'est dans ce contexte qu'intervient l'anecdote concernant cette imprimante défectueuse.
D'après les informations relayées par M. Kartheiser et M. Keup, un commissaire travaillant à la direction des technologies policières aurait demandé à ce que son imprimante défectueuse soit remplacée mais la demande serait restée sans réponse "pendant des mois".
"Des lettres officielles ont été envoyées" insistent les députés qui affirment que cela force les fonctionnaires de police à "courir à travers tout l'immeuble pour faire une simple copie". Ils ajoutent que cela implique parfois de "longues attentes" afin de pouvoir imprimer des copies.
À cela, le ministre de la Sécurité intérieur a simplement répondu que "cette demande était connue" mais que l'unité concernée "disposait de cinq imprimantes pour un effectif de 13 personnes". M. Kox a tout de même précisé qu'un "projet" concernant de nouvelles imprimantes "étant en cours, le matériel défectueux ne serait pas remplacé jusqu'à nouvel ordre".
Mais ce n'est pas tout. D'après les députés, un autre commissariat aurait vu sa demande pour un ordinateur portable traîner pendant près de deux ans. Le matériel devait permettre à un fonctionnaire de police de travailler à distance après la fermeture du commissariat en question mais la demande n'a jamais abouti.
Au final, l'ordinateur aurait été financé avec l'argent de la tirelire du commissariat. C'est du moins ce qu'avancent les deux députés dans leur question parlementaire. Le ministre de la Sécurité intérieur a, pour sa part, rappelé que le télétravail et la digitalisation restaient des concepts à développer au sein de la police grand-ducale.
"Dans ce contexte, il ne suffit pas de mettre du matériel à disposition puisque l'accès aux systèmes de police doivent être garantis. Cela implique que l'environnement pour l'accès mobile soit configuré et que les applications et la sécurité du réseau soit également garantis", écrit le ministre.
M. Kox explique qu'il faudra attendre que les études en ce sens aient avancé avant de financer et de distribuer du matériel qui pourraient "ne pas correspondre au concept final". Enfin, pour conclure, il confirme qu'en dehors des smartphones mis à disposition des policiers, il n'y a pas d'autre "matériel mobile" de prévu pour les commissariats.