
Depuis lundi, le camping de Toodlermillen, situé dans la commune d’Esch-sur-Sûre, a rouvert ses portes après deux ans de fermeture. Si le changement de propriétaire n’a pour l’instant entraîné aucune modification majeure, plusieurs modifications sont toutefois prévues.
Il s’agit du premier camping du pays à être géré par l’État.
Le temps est en effet idéal pour le camping, mais pour l’instant, le site de Tadler-Moulin, situé directement au bord de la Sûre, est plutôt désert.
Ce jeudi, pas une seule tente, caravane ou camping-car en vue, juste quatre motards belges qui se sont arrêtés d’un coup pour prendre un verre dans le petit bistrot. Et le site a certainement des atouts à offrir, comme l’explique Martine Backendorf, responsable du marketing et de la communication au sein de l’ASBL des auberges de jeunesse, connue sous le nom d’AJL, qui gère désormais le camping: "nous avons ici 120 emplacements pouvant accueillir 360 personnes, puis nous avons un camp familial où les particuliers et les familles peuvent venir, il y aura aussi un 'Evasion Camp', qui ouvrira plus tard. Pour l’instant, il reste encore des emplacements disponibles, mais l’année prochaine, nous allons y installer des chalets afin d’attirer un public un peu différent et de prolonger un peu la saison, pour que les gens puissent passer la nuit même par mauvais temps. Et puis il y a le camp de jeunes, qui est également très important pour le SNJ".
Le Service national de la jeunesse soutient principalement l’AJL en matière de coordination et de logistique, par exemple pour les camps scouts. Le fait que ce soit calme pour l’instant n’est pas surprenant ; beaucoup de gens n’ont tout simplement pas encore réalisé que le camping est à nouveau ouvert. Mais petit à petit, de plus en plus de réservations arrivent pour l’été. En attendant, pour l’ouverture lundi, quelques touristes étaient présents sur le site et plusieurs personnes de la région s’y étaient également rendues, et elles ont plutôt apprécié, selon le gérant du camping, Dylan Da Silva.
"Nous avons accueilli cinq minibus, et les retours des différentes personnes venues indiquaient qu’elles étaient ravies de la réouverture du camping et qu’elles comptaient désormais venir plus souvent. Nous avons par exemple reçu un homme âgé qui était content que nous ayons repris le camping et qu'il ne soit pas devenu privé, accessible uniquement à des particuliers".
À partir de l'automne, une série de travaux de modernisation sera entreprise, principalement au niveau des sanitaires, mais aussi dans la zone d'accueil et sur la terrasse. En attendant, l'ancien Hôtel de foin ne sera plus ouvert, principalement en raison du risque d'incendie. Le bâtiment restera toutefois en place et pourra donc être utilisé pour des activités avec des classes scolaires. Le fait que l'État gère un camping pourrait bien sûr donner lieu à des accusations de concurrence déloyale.
Jusqu'à présent, selon Martine Backendorf, aucune réaction négative n'a été reçue: "nous n’avons encore rien entendu nous-mêmes. Nous allons également déposer une demande d’adhésion à Camprilux. Simplement pour montrer que nous voulons travailler avec eux; nous entretenons de toute façon déjà de bonnes relations de travail avec l’ensemble du secteur de l’hébergement. Et les prix ne sont pas fixés par l’État ; nous les fixons nous-mêmes et nous veillons à les aligner naturellement sur ceux de tous les autres campings du pays. Pour que les gens ne paient pas trop cher, mais pas trop peu non plus".
Et en parlant d’argent, comme ce n’est pas clair, à quelle vitesse le nouveau camping sera accepté par le public, un accord de partenariat entre le SNJ et l’AJL prévoit que le SNJ couvrira un déficit potentiel pouvant aller jusqu’à 100.000 € cette année et jusqu’à 12000 € l’année prochaine.
À partir de 2028, ce montant pourrait être réajusté.
Quant au prix d’achat, l’État a versé 2,6 millions d’euros à l’ancien propriétaire, un agriculteur dont la ferme est située juste à côté du camping, de l'autre côté de la rivière.