LSAPUn bilan offensif et des critiques ciblées contre la majorité CSV-DP

Claude Zeimetz
Tim Morizet
adapté pour RTL Infos
Ce vendredi, la LSAP a dressé son bilan de l’année parlementaire, un exercice marqué par une série de critiques appuyées envers la coalition CSV-DP.
De 17. Juli huet d'LSAP-Fraktioun aus der Chamber hire Bilan vum Joer gezunn.
© Tim Morizet

Pour les socialistes, le constat est clair : après deux ans et demi de gouvernement, la majorité ne suit pas une ligne politique cohérente et se contente trop souvent de réagir plutôt que de diriger.

La cheffe de fraction, Taina Bofferding, a notamment ciblé le plan logement récemment annoncé. Selon elle, le paquet de mesures présenté par le gouvernement reste très loin de ce qui serait nécessaire pour répondre à une crise devenue structurelle. Le futur règlement national unique de construction, censé simplifier les procédures, ne permettra pas de construire une seule habitation supplémentaire, estime-t-elle. La LSAP appelle l’exécutif à passer enfin en "mode crise" et à intervenir de manière beaucoup plus volontariste dans un marché qui, selon elle, "ne fonctionne plus".

Les socialistes ont également repris plusieurs critiques formulées ces derniers mois : une "croissance sauvage" dans le secteur de la santé, une réforme fiscale qui reste une bonne idée sur le papier mais qui manque totalement de financement, ou encore un dialogue social fragilisé par la majorité. Ils pointent aussi l’extension des horaires d’ouverture des commerces, une mesure dont, selon eux, "ceux qui en profitent le moins sont ceux qui en ont le plus besoin".

Une pique au Premier ministre

Au cours de la conférence, Taina Bofferding s’est autorisée une remarque plus piquante à l’égard du Premier ministre Luc Frieden, souvent en difficulté dans les sondages.

"Sa faible popularité ne serait pas liée au fait qu’il n’a pas de chien", a-t-elle glissé en référence aux apparitions médiatiques du chien de Xavier Bettel. Elle a même proposé, sur le ton de l’ironie, de lui prêter son propre teckel. Selon elle, le vrai problème est ailleurs : le Premier ne se rendrait pas assez dans les quartiers pour rencontrer les citoyens et comprendre leurs préoccupations.

Le LSAP, première force d’opposition, regrette que ses initiatives parlementaires soient régulièrement reléguées au second plan par la majorité. Elle cite notamment sa proposition sur le "droit à l’oubli", qui n’a été discutée en commission de la Santé qu’un an après son dépôt.

Des divergences internes assumées

Interrogée sur les tensions internes apparues récemment, notamment lors du débat sur le pacte Asile et Migration — où la députée Liz Braz s’était retirée de son rôle de rapporteuse faute de pouvoir défendre la ligne du parti — Taina Bofferding a relativisé.

La LSAP n’est pas un parti de "têtes qui acquiescent", a-t-elle assuré. Son rôle n’est pas d’effacer les divergences, mais de les rassembler. Un an après les critiques publiques visant son style de leadership, elle affirme être "aussi motivée qu’au premier jour" pour continuer à diriger la fraction.

Back to Top
CIM LOGO