
Tun Di Bari, CEO : "Dussmann est un prestataire multiservices avec quatre piliers. Le plus important étant le secteur nettoyage et le "facility management" qui compte plus de 3.000 personnes. Le deuxième pilier, Dussmann Security, est le secteur sécurité. Il s'agit du gardiennage et de la surveillance, essentiellement d'immeubles, mais ça peut aussi être le cas d'hôpitaux -comme au CHL ou au CHEM- de grandes surfaces, de banques, etc. Il regroupe plus ou moins 1.200 salariés, des agents de sécurité, des patrouilleurs.
Le troisième pilier, Dussman Catering, est le secteur de la restauration collective qui englobe la restauration pour entreprises, dans les hôpitaux, les maisons de retraite, mais aussi les maisons-relais, les crèches ou les lycées via le nom Restopolis, dont nous sommes un prestataire.
Enfin, le quatrième pilier qui est unique au Luxembourg, Dussmann Lavador, c'est la blanchissereie industrielle qui se trouve au Roost à Bissen. C'est la plus moderne à 200 kilomètres à la ronde! 220 personnes y traitent 47 tonnes de linge par jour. Si vous allez à l'hôtel au Luxembourg, il y a de fortes chances que nous lavions le linge que vous utilisez."
Tun Di Bari: "D'abord ce n'est pas une compétition. On n'a pas gagné la Coupe du monde ! C'est le travail quotidien de nos salariés, de l'encadrement, de toutes nos équipes qui fait que les clients ont confiance en nous. Il se peut très bien que dans deux ans, nous ayons 200 ou 300 salariés de moins qu'aujourd'hui. C'est lié aux conventions collectives en vigueur dans les différents secteurs. Pour décrocher des chantiers (de nettoyage, gardiennage, etc.), on participe à des appels d'offres ou à des soumissions publiques. Et quand on remporte le marché, la convention collective impose de reprendre le personnel qui travaille sur place. Ce qui donne aux salariés une garantie de continuation dans leur travail et d'éviter une précarité. Ce qui fait que lorsqu'on gagne un appel d'offres ou une soumission publique, on récupère un nouveau client et les salariés sont transférés avec lui. Mais il faut gagner les marchés !"
Tun Di Bari: "Nous avons grandi sans racheter d'autres sociétés. C'est une croissance organique basée sur notre compétitivité et surtout notre innovation. On est à l'écoute des clients pour répondre à leurs besoins. C'est avant tout un lien de confiance. On parle d'ailleurs de partenaires et non de clients. Cette progression en vingt ans est lente, mais continue. Parce qu'on investit beaucoup dans le matériel, je parle des tracteurs, balayeuses et robots. Depuis 2024, la stratégie de Dussmann a changé un peu. Nous essayons d'être toujours à la pointe de la technologie. Nous investissons dans la digitalisation et les process. Nos forces sont la réactivité et la flexibilité. C'est comme une armée qui a beaucoup d'effectifs.
Aujourd'hui nous sommes déjà à 5.480. Et si on décroche un appel d'offres en cours, nous pourrions être 5.500, voire 5.550 d'ici la fin de l'année. Dans la restauration, beaucoup d'appels d'offres se font en juin-juillet-août. Dans le nettoyage, c'est toute l'année. Et nous pouvons perdre des partenaires. C'est comme une balance. Il faut grandir lentement et bien. L'important c'est l'encadrement, comme dans une équipe de foot".
Tun Di Bari: "La marge de progression se trouve dans le secteur du nettoyage. Il reste des clients intéressants que nous convoitons. Dans le gardiennage aussi, il reste une progression possible, mais elle est plus "contrôlée" car dans ce secteur, on a atteint un seuil. De sorte qu'on peut encore gagner des chantiers de 20 à 30 personnes au plus".
Tun Di Bari: "Nos salariés, c'est notre capital le plus important. J'aimerais d'ailleurs que tous les gens qui travaillent dans les secteurs dans lesquels nous évoluons, puissent sentir dans les yeux des personnes qu'ils côtoient, une certaine reconnaissance. Que les femmes de ménage, les agents de sécurité, les agents de restauration, les éboueurs, etc. soient davantage considérés car ils exercent des métiers nobles".
Tun Di Bari: "C'est une réussite construite pierre par pierre avec des moments fulgurants. Début février 2026, on a décroché un très gros contrat de nettoyage aux Hôpitaux Robert Schuman par exemple. Ce qui représente 120 salariés. Autre exemple: depuis le 1er mai 2026, nous assurons le nettoyage des trains des CFL. Soit 90 salariés de plus. Un autre appel d'offres est en cours. Il représente 120 personnes".