
Une scène filmée en partie par des témoins et diffusée sur les réseaux sociaux, ce qui a relancé le débat de l’insécurité autour de la gare centrale de Luxembourg.
Après la réaction de la bourgmestre de la capitale, du ministre la Police et du patron de la société de sécurité en question, une journaliste de RTL a réussi à retrouver la serveuse du café “Le Périgord”, situé le long de l’avenue de la Gare, qui a assisté à la scène dès le début. C’est également elle qui a appelé la police. Voici son témoignage exclusif:
En attendant la police, les altercations entre l’individu et les agents de sécurité ont continué en dehors du café:
“La personne est tombée au sol et là les 4 agents de sécurité se sont acharnés sur lui. Quand je dis acharné ce sont des coups de pied, des coups de poing avec le chien en plus. La rue était vide, elle s’est vite remplie. Dans la vidéo vous entendez une personne crier “lâchez-le, lâchez-le”, c’est moi. Et j’ai cru qu’ils allaient le tuer en fait. Parce que l’agent de sécurité n’avait pas la maîtrise sur son chien, le chien ne voulait pas lâcher la personne, les 4 étaient encore là à tabasser la personne. Il y a des torts sur les 2 parties, mais ce qui s’est passé n’est pas normal.”
Une des questions qui devra notamment être éclaircie par l’enquête est comment le chien s’est retrouvé sans muselière. Selon notre témoin, deux chiens étaient sur place, un des agents aurait d’ailleurs enlevé la muselière d’un des deux chiens avant de la lui remettre:
“Le chien en question qui a mordu, moi je n’ai pas vu le monsieur lui enlever la muselière, mais leur histoire de “le chien était trop excité et il s’est enlevé la muselière tout seul”, je y crois pas du tout, parce que normalement une muselière bien sécurisée cela ne doit pas s’enlever. Je vous dis, il y avait tellement d’insultes, tellement de... les agents cherchaient, puis le monsieur cherchait, quand même les chiens entre eux voulaient s’attaquer. Donc c’est parti loin, trop loin.”
La jeune femme connaît bien l’homme au comportement agressif, il s’agit d’un client régulier et “très gentil”, selon elle:
“Ce que je trouve moche dans toute cette histoire c’est que je vois plusieurs articles défiler sur les réseaux sociaux et je trouve par rapport à l’histoire criminelle de la personne on a tendance à laisser couler les choses et que peu importe qu’il a un casier judiciaire ou qu’il n’en a pas. C’est un être humain. Et je pense qu’il ne méritait pas autant que ce qui s’était passé.”
La situation compliquée autour de la gare a empiré suite à une augmentation de la demande en stupéfiants ces dernières années. Il s’agirait pas selon elle que “des étrangers et des noirs” qui consomment, mais également “des juges, des avocats, on voit de tout ici”. Elle a également avoué se sentir en sécurité à l’intérieur du café où elle travaille, mais pas du tout dans le quartier.
“Nous on en voit de toutes les couleurs du matin au soir. On voit de la drogue, on voit les gens se piquer, on voit des gens se bagarrer, on voit des gens se mettre des coups de couteau, on voit de tout dans cette rue. C’est du matin au soir, la journée c’est un peu plus calme, parce qu’ il y a des passants, il y a ci, il y a ça , mais le soir vous arrivez ici, la rue elle est vide, il y a personne.”
À lire aussi:Le directeur de G4S livre sa version des faits