
Si le télétravail a explosé pendant le confinement, touchant 70% des personnes en emploi, le phénomène n'est pas réellement nouveau, les entreprises basées au Luxembourg ayant déjà sensiblement développé leurs options de travail à distance. Ainsi, le nombre de télétravailleurs a triplé pendant la dernière décennie, passant de 7% en 2010 à 20% en 2019, détaille le Statec.
Globalement, dans l'inconscient collectif, l'idée de "bureau à domicile" offre bien des avantages avec moins de temps de trajet, plus de liberté d'organisation et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
D'un autre côté, la communication et la collaboration s'avèrent plus compliquées à distance, les limites entre vie professionnelle et vie privée peuvent s’effacer, menant à réaliser plus d'heures supplémentaires.
Analyser la satisfaction des télétravailleurs offre dès lors des pistes pour réfléchir à l'avenir de l'organisation du travail. Les Statec a réalisé des études en 2019 avant la crise sanitaire et pendant la crise (entre le 29 avril et le 8 mai 2020), portant exclusivement sur les résidents du Luxembourg.
En 2019, le niveau de satisfaction au travail des personnes qui font du télétravail était similaire à celui observé chez celles qui n’en font pas. On ne voit donc pas d'effet réellement positif du télétravail sur la satisfaction.
Cependant, les personnes en télétravail prestent en moyenne 4 heures de plus que les autres, et le plus souvent en soirée et le weekend. Ainsi, 55% des télétravailleurs travaillent aussi le soir, alors que ce pourcentage n’est que de 33% parmi les personnes qui ne font pas de télétravail.
Si on prend en compte le nombre d'heures passées au télétravail, des différences importantes apparaissent: les personnes qui passent plus de deux jours par semaine en télétravail sont moins satisfaites (76%) que les personnes qui travaillent exclusivement dans les locaux de leurs employeurs (82%).
des données plus récentes indiquent que le télétravail au Luxembourg dans le contexte du Covid-19 est globalement évalué comme une expérience positive pour 55% ou neutre pour 30% des télétravailleurs.
Ce sont surtout les cadres et les personnes les plus diplômées qui sont susceptibles de travailler à distance. Avant le Covid-19, ils étaient presque trois fois plus de télétravailleurs que ceux avec un diplôme inférieur. La nature du travail effectué par les ouvriers, tels que artisans ou techniciens, ou encore les travailleurs non qualifiés dans les secteurs des services, les oblige souvent à être sur leur lieu de travail.
Sans surprise, le niveau de télétravail varie aussi fortement en fonction du secteur d’activité: la communication, l'information ou les activités scientifiques spécialisées figurent en tête des secteurs où le télétravail était le plus fréquent avant la crise. La donne a changé au début de 2020: l'administration publique et l'enseignement public se sont classés parmi les secteurs qui ont le plus vigoureusement adopté ce mode de travail. Le pourcentage de télétravail a culminé à 75% dans l’administration publique et 96% dans l’enseignement.