Jean Asselborn "Soit Poutine a perdu la tête, soit il s'est glissé dans la peau d'un dictateur"

RTL Infos
Jeudi matin, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, était l'invité du journal de RTL Radio et il a commenté les dernières évolutions du conflit en Ukraine.

Avec l'invasion de l'Ukraine, le Président russe, Vladimir Poutine, aurait "renoncé à tout scrupule" et par ses actions, il détruirait la vie de millions de personnes et ferait courir le risque que des milliers de personnes perdent la vie.

A la question de savoir "pourquoi" Vladimir Poutine exigerait que l'Ukraine soit démilitarisée, le ministre socialiste commente: "Ce qu'il a vraiment en tête, est évident". Poutine voudrait imposer son ordre mondial et "terroriserait" ainsi l'Ouest. Les valeurs de cet ordre mondial n'auraient plus rien à voir ni avec l'état de droit, ni avec les valeurs de l'ONU, selon Jean Asselborn.

Vladimir Poutine "aurait soit perdu la tête, soit il se serait glissé dans la peau d'un dictateur, qui piétine la paix mondiale et qui a perdu tout respect pour l'humanité."

Le Président russe qualifie l'invasion de l'Est de l'Ukraine de "mission de paix dans la région du Donbas". "Que des bêtises", selon Jean Asselborn. Il n'y aurait pas seulement le Donbas, mais toute l'Ukraine serait visée, selon le ministre. Des missiles auraient déjà été tirés sur de nombreuses villes ukrainiennes. Le "seul espoir", qui reste au ministre des Affaires étrangères et à de nombreux autres, serait que Poutine soit stoppé par sa propre population. Sur le plan intérieur, l'attaque pourrait ne pas être soutenue et il n'y aurait pas en Russie un consensus social large en faveur de l'invasion de l'Ukraine.

Jeudi matin, Jean Asselborn a également souligné qu'une autre menace tacite pourrait planer: Vladimir Poutine aurait menacé que si d'autres s'immisçaient et voulaient le freiner, le monde verrait une réaction telle qu'il n'en avait jamais vu. "Là, il menace déjà avec l'arme nucléaire", selon Jean Asselborn.

Le fait que des actions militaires en Biélorussie, qui est notamment voisine de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie, soient à présent coordonnées avec la Russie, inquièterait les populations dans les régions concernées. "Nous sommes là directement à la limite de l'Union européenne", souligne Jean Asselborn.

Mais de quelle capacité d'action dispose l'Union européenne face à la Russie? "Ce qui va absolument arriver aujourd'hui ou demain, c'est que le paquet de sanctions, dont un premier jet a été mis sur la table hier, sera durci", a expliqué le ministre des Affaires étrangères. Un sommet du G7 est prévu ce jeudi pour faire le point de la situation. Si des sanctions étaient partagées par le monde, ce serait une forte pression sur Poutine.

Si on devait en arriver au point qu'un Etat membre de l'OTAN soit attaqué, la situation serait très claire: "Si quelqu'un s'en prend à un membre de l'OTAN, nous sommes dans l'article 5: si quelqu'un est attaqué, c'est la totalité de l'OTAN qui est attaquée." Il s'agirait d'une question que nous espérons ne pas devoir nous poser. Pour l'instant, il faudrait surtout penser aux 40 millions d'Ukrainiens.

Back to Top
CIM LOGO