"Ne nous laissez pas mourir"Reprise très compliquée de l'Horesca au Luxembourg

RTL Infos
Les restaurants et les cafés sont à nouveau ouverts depuis deux semaines, avec des mesures sanitaires très strictes à respecter.

Malgré cette réouverture, la reprise ne se passe pas bien. C'est le constat réalisé par les commerçants de la capitale. Par peur de sortir ou en télétravail, les clients ne sont pas nombreux à avoir repris leurs bonnes vielles habitudes. Si la situation ne s'améliore pas, ce serait carrément catastrophique pour certains.

Un restaurant dans le secteur de Clausen était pratiquement vide vendredi après-midi, en moyenne l'établissement enregistre 15 couverts à midi, environ deux tiers de moins qu'avant la crise. "Ce n'est pas mieux en soirée" déplore cet associé d'un groupe actif dans l'horesca. Comme la plupart des salariés travaillent encore de chez eux, les soirées after work sont vides.

Les nuits blanches sont inexistantes, alors qu'elles rapportaient gros. Le chiffre d'affaires est d'environ 25% par rapport à la même période, il y a un an. Viennent s'ajouter les loyers, les charges patronales sur les salaires et les frais courants.

Dans la partie haute de la capitale, la situation est très similaire: avec une météo un peu plus clémente, les gens occuperaient au moins la terrasse. Son établissement enregistre quelques réservations qui lui permettent de garder la tête hors de l'eau, mais plus pour longtemps:

"C’est clair que si la situation ne change pas dans les prochaines semaines ou mois, cela va être très difficile. Le risque est là. Je suis pas le seul. J’en connais déjà une bonne dizaine qui ont déjà fermé, qui n’ont jamais réouvert et qui n’ouvriront plus jamais."

C'est le télétravail qui nuit surtout à la reprise des établissements de la capitale. Une reprise "normale" est attendue pour le mois d'août, au plus tard le mois de septembre quand les employés retourneront en masse au bureau. La situation est légèrement différente dans le reste du pays où les établissements sont moins impactés par le facteur home office.

Le fait que dix personnes puissent à nouveau se rendre ensemble au restaurant est un signe fort, mais le nombre de commerces à vendre a également bien augmenté. Une vente en cette période risque de se faire à perte.

Les responsables sont d'avis que les aides de l'Etat ne sont pas suffisantes afin de relancer correctement la machine. Des efforts devraient être effectués sur les charges patronales qui doivent être payées même pendant le confinement. Il faudrait aussi trouver une solution afin d'échelonner les loyers.

Les restaurateurs et cafetiers lancent également un appel aux clients pour qu'ils reviennent: "Ne nous laissez pas mourir".

A l'étranger, certains patrons font preuve d'humour afin d'attirer l'attention sur la situation très critique que tout le secteur est en train de vivre:

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