
Le nombre de patients hospitalisés au Luxembourg a doublé en un mois. Jeudi, 80 patients étaient admis dans des services de soins, dont 23 en soins intensifs. Ils n'étaient "que" 41 le 9 novembre.
La semaine du 29 novembre au 5 décembre, le ministère de la Santé dénombrait 2.699 personnes testées positives: 1.410 d'entre elles n'étaient pas vaccinées, contre 1.289 qui bénéficiaient d'un schéma vaccinal complet.
Si ces deux nombres sont proches, la circulation du virus est plus marquée chez les personnes non-vaccinées: leur taux d'incidence est deux fois supérieur. Non seulement elles sont plus susceptibles de contracter le virus, mais elles ont plus de chances de développer des symptômes.
À l'hôpital, la protection conférée par les vaccins Covid se confirme. Toujours sur cette même période, sur 66 patients hospitalisés, 32 n'étaient pas vaccinés ou avaient un schéma incomplet. Contre 34 patients complètement vaccinés.
Attention toutefois à une mauvaise interprétation de ces données: au 5 décembre, le Luxembourg comptait environ deux fois plus de personnes vaccinées (433.000) que de non-vaccinées (201.000). Proportionnellement, les non-vaccinés sont donc deux fois plus malades que les personnes vaccinées.
Au CHEM, le Dr Romain Schockmel constate qu'il y a "plus de jeunes" parmi les patients non-vaccinés que chez les patients vaccinés. À l'inverse, les personnes vaccinées et hospitalisées sont effectivement "plus âgées".

Sur une période plus longue, d'octobre à fin novembre, l'effet de la vaccination est nettement plus important. Les soins intensifs ne comptaient aucun patient complètement vacciné et âgé de moins de 45 ans. Mais cinq personnes de cette catégorie d'âge et non-vaccinées avaient admises pour des symptômes importants.
Chez les personnes âgées, les données s'équilibrent. Le Dr Schockmel remarque que la gravité de l'infection est marquée chez les personnes âgées car elles présentent davantage de comorbidités. Ce jeudi au CHEM, 11 des 23 personnes admises en soins intensifs étaient âgées de 45 à 81 ans et complètement vaccinées. Toutes avaient des antécédents médicaux (immunodépression, traitement par chimiothérapie, greffe, surpoids...). Si son efficacité n'est pas "de 100%", le vaccin "réduit la gravité de l'infection" confirme le Dr Philippe Turk, président de la fédération des hôpitaux luxembourgeois.