Les parents inquietsQue vont faire les crèches face aux horaires étendus du commerce ?

Fanny Kinsch
Le gouvernement veut libéraliser les horaires d'ouverture des commerces. De nombreux parents se demandent ce qu'ils vont faire de leurs enfants.
© BBC Creative / Unsplash

Alors que le gouvernement parle de libéraliser les horaires d’ouverture des commerces, pour qu’ils puissent ouvrir plus tôt le matin ou rester ouverts plus longtemps le soir et le dimanche, de nombreux parents actifs dans le secteur se demandent ce qu’ils vont faire de leurs enfants, si à l’avenir, leurs journées se terminaient seulement à 22h00.

La situation est particulièrement délicate pour les mères ou les pères qui élèvent seuls leurs enfants. Les petites crèches ne pourront probablement pas les aider. Elles sont certes autorisées à accueillir les enfants entre 5 heures du matin et 23 heures, mais elles ne sont pas nombreuses à proposer ce service 18 heures par jour.

Ce n’est pas assez intéressant, selon Paolo Fiorucci, le vice-président de la FELSEA, la Fédération luxembourgeoise des services d’éducation et d’accueil pour enfants. Le coût est trop élevé et il est également très difficile de trouver des personnes disposées à travailler à des horaires étendus.

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S’il y a désormais une plus grande demande pour l’accueil en soirée, en raison de la libéralisation des horaires d’ouverture, toutes les structures ne seront pas en mesure de suivre:

Je pense qu’il n’est pas réaliste d’ouvrir plus longtemps

“Si je considère cela en tant que crèche isolée, je pense qu’il n’est pas réaliste d’ouvrir plus longtemps. Le coût, pour les quelques enfants concernés, serait tout simplement trop élevé et si les parents doivent le supporter, ils ne le pourront tout simplement pas pour le moment. Maintenant, si je suis un groupe qui possède plusieurs crèches, je peux peut-être imaginer que l’une ou l’autre crèche propose cet horaire élargi. Les parents pourraient alors être davantage orientés vers ces crèches.”

Héloïse Pierre est justement directrice d’un groupe de crèches et de foyers. Elle a ouvert sa première structure il y a 13 ans à Foetz et il était important pour elle dès le départ de proposer des horaires très flexibles pour répondre aux attentes des parents. Venant de Belgique et n’ayant pas de famille pour l’aider, elle avait bien compris le problème. Elle constate qu’il est rassurant pour les parents de savoir que leurs enfants peuvent rester plus longtemps dans la structure si c’est nécessaire.

Des parents désespérés ont souvent appelé pour dire qu’ils étaient coincés dans un embouteillage

“Il y a énormément d’embouteillages au Luxembourg, et des parents désespérés ont souvent appelé pour dire qu’ils étaient coincés dans un embouteillage, et vous pouvez alors leur répondre: “Pas de souci, nous sommes là. Devons-nous donner quelque-chose à manger à votre enfant ? Lui faire enfiler son pyjama ?”

En décembre dernier, 4% des enfants étaient inscrits à la crèche après 19h00 au moins une fois par semaine. Mais 16% y étaient inscrits le matin avant 7h00. Héloïse Pierre évoque un nouveau phénomène, surtout remarqué dans la structure de Leudelange:

“Avec ce fameux équilibre vie professionnelle-vie privée, nous avons beaucoup de gens qui travaillent dans un bureau, des fonctionnaires, qui viennent beaucoup plus tôt pour pouvoir aussi venir chercher leurs enfants beaucoup plus tôt. Ce sont en majorité des frontaliers. De cette manière, ils peuvent éviter de se retrouver dans les embouteillages le matin et le soir. Je considère que c’est un nouveau phénomène plutôt intéressant.”

On pense souvent que les personnes qui recherchent des horaires d’ouverture plus flexibles dans les crèches travaillent dans le secteur de la santé, c’est vrai, mais il y a aussi d’autres secteurs. Héloïse Pierre indique qu’il y a également de nombreux salariés du secteur du nettoyage, du groupe Post ou le personnel des cantines, par exemple ceux qui s’occupent des repas des enfants dans les crèches.

Reste le problème du week-end. Les crèches sont toutes fermées le dimanche. En décembre dernier, 10 crèches ou mini-crèches étaient ouvertes le samedi. Par ailleurs, 38% des assistants parentaux (Dageselteren) proposaient un accueil le samedi et 10% le dimanche.

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